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LA
MAREMME TOSCANE
SOUVENIRS DE VOYAGE

II.
L’INTERIEUR DU PAYS ET LES EXPLOITATIONS DE LA MAREMME.



O Italia, a cor ti stia
Far ai passati onor ; chè d’altrettali
Oggi vedove son le tue contrade,
Ne v’ è chi d’onorar ti si convegna.
(LEOPARDI.)


LES MAQUIS ET LES IMMIGRANS. — LES HOUILLERES DE MONTE-BAMBOLI.

En quittant Montioni, je me dirigeai vers la vallée de la Cornia, parallèle à celle de la Pecora, par où j’étais arrivé. Mettant en pratique l’adage d’un vieux voyageur qui me disait qu’il ne faut jamais passer deux fois par le même chemin, si l’on veut voir toujours du nouveau, je piquai mon cheval de l’éperon et m’engageai à travers les hautes bruyères dans un sentier que je n’avais point encore parcouru. J’arrivai bientôt sur les bords de la Cornia, dont le lit, semé d’énormes cailloux et de blocs de rochers, témoignait de la violence du courant à l’époque des pluies. Les versans du fleuve sont formés de collines qui vont s’élevant davantage à mesure qu’elles s’éloignent. Elles se présentent avec leur manteau de myrtes, de genièvres et d’arbousiers. Point de plaines un peu étendues, point de ces reliefs légèrement ondulés qui, s’aplanissant à distance, offrent aux yeux l’immensité d’un vaste horizon ; partout au contraire des lignes de coteaux courant en sens divers et bornant brusquement la