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pendant la durée de la guerre américaine et de résister plus tard à la concurrence des états du sud ? Telle était la question à résoudre. Il fallait rechercher en outre quelles étaient les circonstances les plus favorables au développement de cette grande industrie agricole.

Afin d’atteindre ce double but, on établit une comparaison générale entre tous les échantillons de ce genre envoyés des différens pays producteurs, et l’on prit pour commune mesure de la qualité l’estimation de la valeur commerciale. À cet égard, les appréciations ont offert un tel caractère de certitude que la même variété, présentée à plusieurs reprises sous des numéros différens à M. Bazbey, fut estimée au même prix par ce très habile expert. La valeur vénale des cotons égrenés peut différer beaucoup dans les mêmes localités suivant la variété de la plante, la culture, la nature du produit, la longueur des filamens et les soins donnés à la récolte et à l’égrenage : c’est ainsi que, parmi tous les spécimens venant des Indes, les évaluations ont varié entre 5 fr. 52 cent, et 1 fr. 15 cent, le kilogramme. La valeur des cotons naturellement colorés n’a dépassé en aucun cas ce dernier prix. Des variations plus grandes encore se sont manifestées parmi les ; , soixante-cinq échantillons des colonies britanniques : les estimations des experts ont signalé des différences comprises entre les limites de 2 fr. et de 11 fr. 20 c. le kilogramme. Pour bien comprendre l’influence qu’exercent ici la variété cultivée, les procédés de culture et de récolte, probablement même le climat, il faut se rappeler que des graines importées de nos Antilles à la Caroline du sud ont pu produire l’un des cotons les plus beaux que l’on connaisse, désigné sous le nom de sea-island, il fut évalué au prix de 9 fr. 80 c. le kilogramme, tandis que les plus hautes évaluations des spécimens envoyés de la Guadeloupe ne dépassèrent pas le taux de 6 fr. 65 c.

Les spécimens des meilleures variétés exposées par notre département de l’Algérie se rapprochent beaucoup des cotons longue soie les plus estimés des colonies anglaises, Queen’s-Land et la Jamaïque. En définitive, dans les Indes et les colonies anglaises, en Algérie et dans nos colonies, dans les colonies hollandaises et quelques autres contrées, la culture des cotonniers semble pouvoir être développée avec avantage, surtout en présence des cours commerciaux, portés au double déjà et triplés parfois depuis le commencement de la guerre américaine. Sans doute ces cours s’abaisseront après la lutte, lorsque les communications deviendront entièrement libres, et cependant la culture pourra rester profitable, mais à une condition : c’est qu’on fera choix des meilleures variétés en cultivant de préférence sur les terres algériennes les cotonniers produisant les georgie longue soie. Si d’ailleurs on donne des soins convenables