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savans les plus illustres. Il faut reconnaître en définitive que nos institutions scolaires pendant le moyen âge offrent quelques particularités nationales qu’il y a lieu de conserver ou de faire revivre.


II

On voit quel a été l’enseignement, italien pendant le moyen âge. Nous avons hâte maintenant d’arriver à la partie pratique de ce travail, et nous ne dirons des temps modernes que ce qui est nécessaire. pour faire comprendre l’importance des réformes à réaliser aujourd’hui. Cet examen nous conduit à prendre l’un après l’autre les divers états dont la réunion a formé l’Italie nouvelle. Pour chacun d’eux, nous chercherons principalement à esquisser en quelques traits rapides le régime que la révolution de 1859 a trouvé et celui qu’elle y a substitué.

Voyons d’abord les provinces méridionales. Si on les examine au commencement de ce siècle, on n’y trouve aucun vestige d’organisation scolaire. Les savans distingués, qui n’avaient point manqué à Naples, avaient été amenés, par l’oppression et par les vicissitudes des dominations étrangères, à entrer en lutte contre les gouvernemens de leur pays ou au moins à se tenir tout à fait à l’écart. On avait bien vu le prince de Bisignano donner sa villa pour fonder un jardin botanique et les médecins des hôpitaux fonder à leurs frais des collections d’anatomie; mais l’instruction élémentaire était entièrement délaissée, les collèges étaient abandonnés au clergé, généralement fanatique et ignorant, et on ne faisait d’études un peu complètes que dans les séminaires. Le pays n’attendait plus rien de l’état, et ne trouvait dans les professeurs privés qu’un très médiocre secours. Le régime français de 1806 essaya de relever l’instruction publique. Le frère, puis le beau-frère de Napoléon, firent des lois pour réorganiser l’université de Naples, pour fonder des collèges dans les villes principales, pour établir dans chaque commune une école aux frais de la municipalité. Il y eut un directeur de l’instruction publique, puis un conseil supérieur et des inspecteurs généraux, des jurys d’examen, des facultés universitaires et des écoles préparatoires dans deux ou trois des villes les plus importantes du royaume. On fonda à Naples un collège avec internat pour former des médecins et des chirurgiens, une société royale pour les sciences, des pensionnats pour les jeunes filles et une école des ponts et chaussées; mais cette organisation, brusquement importée de France, n’était pas soutenue par les traditions du pays, et ne trouvait pas dans les esprits des conditions favorables pour se développer. Le temps et la paix lui manquèrent d’ailleurs pour lutter contre les mauvaises habitudes, depuis longtemps enracinées,