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traité en perakim ou chapitres, et chaque chapitre en mischnajot ou enseignemens spéciaux. Il y a en tout 63 traités, 525 chapitres et 4,187 mischnajot. Le Talmud de Babylone est deux fois aussi long que celui de Jérusalem.

Le premier seder, les semences, s’occupe des bénédictions et des prières qui doivent être prononcées sur les biens de la terre, des règles concernant le droit de glanage et de grappillage, les dîmes, les mélanges permis ou interdits de plantes, d’animaux, d’étoffes, la manière de préparer la pâte et de tailler les arbres, car il est défendu de manger les fruits d’un arbre qui n’a pas encore atteint sa troisième année, l’arbre étant jusque-là regardé comme incirconcis. Le second, les fêtes, contient toutes les ordonnances relatives au sabbat, aux jeûnes obligatoires, aux trois grandes et aux petites fêtes de l’année juive. Le troisième règle la législation concernant les femmes, leur position civile, leurs droits, leurs devoirs, le divorce, les fiançailles, l’éducation des enfans. — Il faut observer, à l’honneur de la morale des rabbins, que malgré les périls d’un pareil sujet ils ont évité les descriptions libertines, les raffinemens d’obscénité qui déshonorent mainte autre casuistique. — Le quatrième seder est une manière de code civil et criminel réglant la propriété, les ventes, les héritages, les tribunaux, la législation sur les vols, coups, blessures et meurtres, les témoignages judiciaires, les rapports avec les païens. Le chapitre qui traite ce dernier point a été souvent funeste aux Juifs. Comme il est très intolérant dans ses appréciations des cultes étrangers, on crut souvent qu’il avait en vue l’église chrétienne, et les persécuteurs du moyen âge l’invoquèrent souvent pour justifier leurs mesures barbares. Aussi, dans quelques éditions imprimées du Talmud, ce chapitre est-il modifié, quelquefois même complètement retranché. Pourtant en lui-même, du moins pour ce qui concerne l’église chrétienne, ce chapitre est inoffensif, et il est visible pour tout œil impartial qu’il ne s’occupe que des religions païennes. C’est aussi dans ce quatrième seder que se trouve le plus connu des traités talmudiques, souvent imprimé à part, le Pirke Abot ou sentences détachées des pères, qui renferme des maximes d’une antiquité très reculée, antérieures même, semble-t-il, à la destruction du temple, se distinguant par un esprit éminemment prudent et pacifique. Le cinquième seder règle les questions relatives aux sacrifices, aux offrandes, à l’abatage du bétail, matière très riche et dans laquelle la subtilité rabbinique s’en est donné à cœur-joie. Enfin le sixième et dernier traite des purifications, de tous les genres de souillure qui peuvent affecter les maisons, les meubles, les vêtemens, les alimens. il parle aussi des lépreux, des cérémonies lustrales, bains, lotions