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marine, ramenés de 26 à 25 millions de liv. st. D’un autre côté, compensation faite de quelques aggravations de droits, les remises sur l’excise, le timbre et les douanes avaient été de 6 millions, et cependant ces trois branches de revenus, qui en 1859 avaient produit 53 millions de liv. sterling, venaient de donner en 1865 50,600,000 livres. Ainsi le sacrifice n’était déjà plus que de 2,400,000 liv., et l’exemple du passé donnait tout lieu d’espérer que la différence serait bientôt retrouvée.


IV

Malgré les souffrances causées par la crise monétaire, la consommation n’éprouva pas le moindre ralentissement. Loin de là, le revenu de 1866, évalué à 67,013,000 livres st., atteignit 69,403,000 liv., et l’augmentation de 2,420,000 liv. fut donnée presque en totalité par le tabac, le sucre, le malt et les spiritueux, toutes denrées dont l’usage suit d’ordinaire les fluctuations de l’aisance publique. Par contre, les dépenses ne s’élevèrent qu’à 66,780,000 liv. st., et l’excédant libre de 2,654,000 liv. fut appliqué à la réduction de la dette publique. Pour 1867, M. Disraeli évalua les besoins à 68,134,000 liv. st., c’est-à-dire à une somme supérieure de 1,354,000 livres aux dépenses de l’exercice précédent, et ce surplus s’appliquait partie à la transformation commencée des fusils à munition et partie à l’armement des côtes. Les recettes calculées sur les produits de 1866 étaient portées à 69,340,000 liv. sterl., et elles dépassaient ainsi les crédits de 1,200,000 livres. Quel emploi donner à cet excédant ? l’income-tax n’était plus qu’à 4 deniers et n’avait jamais été aussi bas, les surtaxes de guerre mises sur le thé et le sucre n’existaient plus ; en outre, depuis 1852 11 millions de liv. st. des anciennes taxes indirectes avaient été successivement supprimées, et, parmi celles qui existaient encore, il n’en était pas une seule, suivant M. Disraeli, qui causât le moindre dommage ni à l’industrie ni à tous autres intérêts quelconques. Une seule peut-être, la taxe sur la drêche, était onéreuse à raison de l’embarras dans lequel deux mauvaises récoltes d’orge avaient mis momentanément les fabricans de cette denrée ; mais la somme dont il était permis de disposer était trop peu considérable pour qu’il y eût moyen de leur accorder un allégement efficace. M. Disraeli pensait que le mieux était d’affecter cette somme à une réduction de la dette publique. L’Europe, disait-il, était en ce moment un camp armé, et, bien qu’il n’y eût pas danger, aussi longtemps que son collègue lord Stanley serait à la tête du foreign office, de voir l’Angleterre s’engager dans