Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/504

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une guerre inutile, néanmoins il y aurait imprudence à ne point se préoccuper des événemens qui pouvaient survenir ; si par malheur ils arrivaient, le chancelier de l’échiquier pourrait se présenter sur le marché avec d’autant plus de fierté, y trouver l’argent dont il aurait besoin à des conditions d’autant meilleures, que des efforts puissans et honorables auraient été faits pour diminuer le fardeau de la dette publique. M. Disraeli proposait donc de reprendre le projet adopté dans la dernière session sur la motion de M. Gladstone, et de convertir en annuités à terme expirant en 1885 les 24 millions de liv. st. des caisses d’épargne. Cependant, comme la libération commençait une année plus tard, l’annuité devenait plus considérable : elle était portée à 1,776,000 liv. st., et à l’acquittement de cette dette étaient affectées les mêmes ressources, accrues de 50,000 liv. st. prises sur les fonds ordinaires ; mais dans le projet de M. Disraeli il n’était rien stipulé au sujet des dépôts qui pourraient être faits de 1868 à 1885, et le soin de statuer à cet égard était sagement abandonné aux chambres futures.

Le budget de 1867 fut voté avec un excédant de ressources de 400,000 liv. st., et cet excédant devait être absorbé et bien au-delà. En effet, le roi d’Abyssinie, Théodoros, ayant refusé de délivrer des sujets anglais qu’il retenait prisonniers, il fallut lui déclarer la guerre, et au mois de novembre M. Disraeli vint demander au parlement 2 millions de liv. st. de crédit pour subvenir dans le courant de l’exercice aux frais de l’expédition. Ces 2 millions de liv. st. devaient être couverts, avec l’excédant ci-dessus de 400,000 liv., avec le produit d’un demi-denier que le parlement vota en supplément à l’income-tax, enfin avec les ressources du compte courant que le trésor avait à la Banque, compte courant dont la balance était alors à son profit de 7,400,000 liv. st. En somme, les dépenses s’élevèrent pour 1867 à 71,200,000 liv. st., tandis que les recettes ne furent que de 69,500,000 liv. sterling, et, le compte courant étant appelé à parfaire la différence, la balance se trouva ainsi réduite à 5,800,000 liv. ; mais les charges de 1868 devaient être autrement considérables, et elles furent évaluées par sir Ward Hunt, devenu chancelier de l’échiquier en remplacement de M. Disraeli, promu aux fonctions de premier ministre après la retraite de lord Derby, à 70 millions pour1 les services ordinaires, et à 3 millions de liv. st. pour la guerre d’Abyssinie. Les services ordinaires, déjà accrus de 2 millions de livres en 1867, comparativement à 1866 se trouvaient donc augmentés d’un nouveau million de liv. st. pour 1868, soit 5 millions de livres pour les deux années, et ce supplément s’appliquait pour 500,000 liv. sterl. A l’élévation de la solde des troupes par suite du renchérissement des subsistances, et pour 4,500,000 livres à la transformation des armes de munition et à