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LA
GARDE NATIONALE
DE PARIS

Après deux mois de siège, qui n’ont guère été que deux mois de préparatifs, la garde nationale de Paris est enfin appelée à concourir aux opérations de guerre. Ce n’est pas sans peine, il faut le dire, que le gouvernement de la défense s’est décidé à faire des soldats de tous nos citoyens valides. Jusqu’aux premiers jours de novembre, il a hésité, et bien des tâtonnemens ont précédé les résolutions qui viennent d’être prises, et qu’on peut maintenant regarder comme définitives. Le gouvernement a donc décrété que l’une des trois armées de Paris se composerait des 266 bataillons de garde nationale sédentaire, que chacun de ces bataillons serait divisé en compagnies de guerre et en compagnies de dépôt. Les premières compagnies, au nombre de quatre par bataillon, ont un effectif de 100 à 125 hommes, y compris les cadres. On y a d’abord appelé les volontaires, puis les célibataires et les veufs sans enfans, divisés selon l’âge en deux catégories, en dernier lieu les pères de famille, également répartis en deux catégories selon leur âge, 120,000 hommes environ se trouvent ainsi incorporés dans les compagnies de guerre, et laissent derrière eux une réserve beaucoup plus nombreuse, chargée du service intérieur et de la garde des remparts. Celle-ci naturellement comblera les vides qui se produiront dans les demi-bataillons de marche. Telles sont en abrégé les dispositions du décret du 8 novembre, abrogeant un autre décret rendu le 16 octobre sur la formation de bataillons de volontaires mobilisés. Si difficile que soit la tâche de ceux qui organisent la résistance, on ne peut malheureusement applaudir sans réserve à tout ce qui a été fait. Le temps permet encore de réparer la plus grande partie des fautes commises, et la situation est assez bonne pour qu’il soit permis de ne pas les dissimuler.