Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 94.djvu/801

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LE
TRAITÉ DE WASHINGTON
DU 8 MAI 1871

REGLEMENT DE LA QUESTION DE L’ALABAMA.

Depuis qu’elle a triomphé de la rébellion des états du sud, la république américaine a exercé une influence considérable sur les affaires de l’Europe. Cette influence n’a pas toujours été visible, elle n’en a pas moins été constante; elle s’est fait sentir à la façon d’une force lointaine qui modifie toutes les conditions de l’équilibre et du mouvement dans un système de forces enchevêtrées. L’Angleterre est le point sensible en quelque sorte où les passions et les intérêts des deux continens se sont noués de la façon la plus étroite. Les États-Unis étaient sortis de la longue crise de la guerre de la sécession profondément irrités contre l’Angleterre; vainqueurs et vaincus étaient unis par la même colère. Les états du sud reprochaient à l’Angleterre de les avoir leurrés de fausses espérances, de ne leur avoir prêté que le vain appui des encouragemens, des paroles et des discours, et de n’avoir jamais osé reconnaître la république de Jefferson Davis. Les états du nord lui reprochaient d’avoir accordé aux rebelles les droits des belligérans, de leur avoir prêté son appui moral, de leur avoir donné des armes, des munitions de guerre, des draps, des vivres; ils l’accusaient non-seulement d’avoir abusé de tous les droits de la neutralité, mais d’avoir violé le droit des gens de la façon la plus flagrante en laissant construire, équi-