Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 94.djvu/97

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Hambourg, Munich, Stuttgard, Weimar, et d’entretenir un ministre là seulement où se trouve le siège de l’empire, à Berlin? On établirait dans les autres résidences des agens politiques secondaires ou même de simples consuls. Dans les villes où l’on remarque deux agens, on n’en conserverait qu’un seul, sauf peut-être à Londres, où l’importance de nos relations rend nécessaire la coexistence de l’ambassadeur et du consul-général; mais à Buenos-Ayres par exemple l’entretien d’un ministre plénipotentiaire et d’un consul ne semble pas indispensable, et l’on pourrait y rétablir comme autrefois un consul-général. Il appartient au département des affaires étrangères d’étudier avec soin les réformes, et de les concilier avec les exigences du service et le soin de l’influence française. De cette façon, il serait possible de diminuer de 500,000 francs à 1 million les dépenses du ministère, non compris ce qui serait gagné par la retenue sur les traitemens.

Qu’on nous permette d’exprimer ici une opinion qui étonnera peut-être en ce qui concerne certaines grandes fonctions administratives et particulièrement celles de préfet. Serait-ce une grande hardiesse de tenter pour l’administration du département ce qui fonctionne avec avantage pour l’administration de la cité ? Serait-il plus difficile de trouver dans le pays même un citoyen honorable et intelligent qui consentît à donner ses soins aux affaires départementales, comme il les donne aujourd’hui aux affaires municipales, sans autre récompense que l’honneur même de ses fonctions? La province serait-elle moins bien administrée, si ses administrateurs étaient choisis dans son sein, parmi des hommes instruits de ses besoins, dévoués à ses intérêts, possédés de l’unique ambition de remplir utilement leur tâche au milieu de concitoyens qui les connaissent et près desquels ils veulent rester? Ce système ne serait-il pas préférable à ce qui existe aujourd’hui? Ne vaudrait-il pas mieux que la façon dont chaque parti ou chaque ministre, en arrivant au pouvoir, envoie ses amis dans des pays auxquels ils sont étrangers, où souvent la question politique les préoccupe exclusivement, et où enfin ils ne s’efforcent de signaler leur zèle que pour obtenir un poste plus avantageux? La gratuité ne serait-elle pas un moyen efficace de calmer l’ardeur de tous les ambitieux qui assiègent chaque gouvernement nouveau, et pour arrêter ces administrateurs improvisés qui croient posséder d’intuition la science des affaires publiques?

Si l’on se décidait à entrer dans cette voie, on n’allouerait aux préfets que le logement à l’hôtel de la préfecture avec quelques frais de représentation et de déplacement, et l’on pourrait aisément réaliser une économie de 2 millions. On gagnerait encore 500,000 francs en supprimant les secrétaires-généraux, dont le ré-