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DES
CARACTERES DU LUXE
DANS LA SOCIETE MODERNE

:I. Notre ennemi le luxe, par M. Nadault de Buffon, l vol. — II. Les Temps nouveaux, par le même, 1 vol. — III. La Restauration de la France, par M. A. de Margerie.

De tout temps, d’honnêtes esprits, de judicieux observateurs, sans parler de ceux qui ne cherchaient là qu’un texte de déclamation, se sont élevés contre les mauvaises mœurs et les abus du luxe. Comment aurions-nous échappé à de telles censures, auxquelles nous n’avons que trop prêté dans la période qui vient de s’écouler ? L’exemple est venu trop souvent de l’état. Sans prendre à la lettre la comparaison, moins exacte qu’humiliante, entre la Rome des césars et le Paris de notre temps, entre le développement extrême des travaux publics sous le second empire et le panem et circenses du peuple-roi, et malgré tout ce qu’il y a de digne d’approbation dans certains embellissemens qui ont profité le plus souvent aux populations, nul doute qu’une part trop grande n’ait été donnée au faste. On peut s’applaudir de la création des promenades à la fois salubres et splendides qui environnent la capitale, et en général de la transformation du vieux Paris ; rien ne justifie l’éclat dispendieux de certaines constructions non-seulement au centre, mais dans toute l’étendue du territoire.

L’excès du luxe se trahissait d’une manière, selon nous, plus fâcheuse dans une certaine conception d’ensemble. On a trop souvent