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L'EXPOSITION DE PEINTURE
DU PALAIS-BOURBON
AU PROFIT DES ALSACIENS-LORRAINS

Les manifestations de l’art ont un attrait particulier, pour les habitans de Paris. S’ils ne sont pas tous des amateurs éclairés, au moins sont-ils d’infatigables curieux ; toutes les exhibitions les attirent, bien peu les laissent indifférens. On les voit se presser à l’hôtel Drouot les jours de ventes célèbres, comme à l’École des Beaux-Arts quand on y concentre l’œuvre d’un maître qui n’est plus le lendemain, ils parcourent avec la même ardeur les galeries de l’exposition annuelle : public éclectique et sans parti-pris, répondant à tous les appels, pourvu qu’on l’intéresse ou qu’on l’amuse. Les hommes considérables qui ont réuni les objets d’art exposés en ce moment au palais de l’ancien corps législatif connaissaient bien ce penchant, et, lorsqu’ils conçurent l’idée généreuse de venir en aide aux malheureux réfugiés d’Alsace et de Lorraine, ils savaient d’avance que la curiosité de la foule deviendrait un de leurs plus sûrs auxiliaires ; le difficile était de la satisfaire. Paris est encore riche en collections particulières ; ceux qui les possèdent ne sauraient certainement pas résister à des sollicitations faites au nom du patriotisme, et les mandataires de la charité pourraient peut-être compter sur de brillantes recettes. Cet espoir n’a pas été trompé ; on est certain aujourd’hui d’un succès complet lorsqu’on parcourt les salles du Palais-Bourbon.

Cette exposition est la première qui ait pu offrir à l’examen autant d’œuvres de peinture. Bien que des objets d’art de toute sorte garnissent les nombreuses vitrines, les tableaux, par leur nombre