Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/601

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Un mineur dont le claim (morceau de 31 pieds anglais carrés) ne présentera absolument qu’une terre graveleuse et forte d’une seule constitution se trouvera à quelques pas d’un autre dont le claim sera composé de sables ou terres meubles en couches régulières. En général, en arrivant à de grandes profondeurs, on rencontre des couches n’ayant aucun rapport avec celles qui leur étaient superposées, soit des terres grasses excessivement dures, soit des pierres en abondance, soit une terre dure bleu-gris, soit d’ordinaire une terre calcaire agglomérée, composée en grande partie de coraux.

Outre ces minéraux réguliers, il se rencontre parfois des fragmens ressemblant à des morceaux de bois minéralisé, comme cela aurait lieu, si des sels en dissolution avaient imprégné les pores et les cavités de débris végétaux et, après la cristallisation, en avaient gardé la forme et l’apparence, tandis que le végétal lui-même se décomposait et disparaissait. On a trouvé au New-Rush une écaille d’huître, un œuf d’autruche, un grain de collier en verre bleu et des os d’antilope, le tout à 7 mètres au-dessous du niveau du sol. Les deux derniers objets font partie du musée de la ville du Cap.

Les diamans commencent à se rencontrer presque à la surface du sol, car, la terre végétale n’existant pour ainsi dire pas, on arrive immédiatement en contact avec les couches diamantifères, et les gisemens continuent également à toutes profondeurs ; lors de mon départ des mines, on était descendu à près de 35 mètres, et les découvertes, étaient aussi fructueuses pour ceux qui travaillaient à ces profondeurs que pour les mineurs échelonnés à toutes les hauteurs intermédiaires.

Ces diamans, pour la plupart, sont plus ou moins cassés, et l’on trouve autant de morceaux informes que de pierres entières ; une règle assez générale est que le diamant est d’autant plus coloré en jaune qu’il est plus gros ; les plus beaux découverts jusqu’à ce jour, sous le rapport du poids, sont de 288 carats, de 166, de 144, de 115, etc. Aucune mine au monde n’a jamais donné une aussi grande abondance de grosses pierres. Ainsi, avant la découverte des champs du Cap, un diamant de 4 carats était considéré comme une fort belle pierre, et au-delà de ce poids les prix ne s’évaluaient plus d’après les calculs ordinaires, mais devenaient prix de fantaisie, tandis que maintenant l’abondance des grosses pierres, est telle sur tous les marchés que le prix en est considérablement réduit et de beaucoup inférieur relativement à celui des petites. Des diamans de 10 à 20 carats se trouvent journellement au Cap, et la richesse de ces champs est telle que le New-Rush seulement a fourni une moyenne de plus de 3,000 diamans par jour pendant plus de huit mois, la plupart de grosses pierres.

Les diamans du Cap offrent certaines particularités curieuses