Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/605

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loin d’être invariable, mais elle est assez générale pourtant. La richesse bien connue des terres situées contre le pourtour rendrait assez séduisante la théorie de la formation sur place, d’autant plus que d’autres faits encore sembleraient la confirmer. Ainsi il y a des endroits où les diamans sont généralement entiers et de même nature, comme s’ils avaient été produits dans des conditions identiques, ce qui n’arriverait pas s’ils provenaient du dehors, car ils n’auraient pas eu la chance de se trouver réunis et pour ainsi dire classés. D’autre part, l’existence presque invariable de gros diamans sous les grosses roches ne peut être attribuée au hasard, et l’on est amené à supposer que ces roches, par leur abri ou leur rayonnement, ont facilité la formation du cristal. Une autre preuve serait fournie par les diamans doubles, soit deux cristaux parfaits, l’un gros et l’autre très petit, attachés ensemble, soit deux diamans collés de manière à former l’extérieur régulier d’un seul cristal ; ces attaches fragiles n’auraient pas résisté aux frottemens et aux chocs violens que les pierres auraient eu à subir, si elles avaient été lancées par le feu ou charriées par les eaux pêle-mêle avec d’autres minéraux. Enfin la règle générale qui veut que les gros et les petits diamans ne se trouvent pas ensemble pourrait bien donner à penser que la formation doit avoir eu lieu sur place, puisque là où des circonstances inconnues, il est vrai, mais propices évidemment, ont permis à la cristallisation de se faire librement, toutes les molécules se sont réunies en un seul cristal gros et entier, et d’autant plus gros qu’il y a moins de petits diamans dans les environs.

Toutes ces considérations prises dans leur ensemble feraient admettre la formation sur place d’une partie des diamans ; pourtant des raisons sérieuses peuvent aussi être invoquées en faveur d’une formation hors du bassin, suivie d’un transport par les eaux. D’abord la plupart des diamans sont plus ou moins cassés et portent les traces de bouleversemens violens ; puis il n’y a pas d’exemple qu’on ait jamais rencontré deux morceaux pouvant s’adapter comme s’ils avaient appartenu à la même pierre ; enfin les terrains dans lesquels ils gisent sont quelquefois d’une nature complètement différente du sol ordinaire de la localité, et ont dû arriver du dehors, comme le prouvent du reste l’écaille d’huître, le collier de verre, etc. Or, ces bouleversemens ne pouvant s’accorder avec la théorie d’une action volcanique, la régularité et la superposition des couches et la présence des pierres à angles arrondis nous forcent à reconnaître que ce bassin a dû être rempli par les eaux à des époques successives. Ces eaux seraient venues, selon toute probabilité, par le goulot qui s’ouvre vers l’ouest-nord-ouest, côté d’où souffle le vent et d’où arrivent toujours les orages et les pluies torrentielles.

Il ne serait pas improbable que les diamans, formés ailleurs,