Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/604

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et les débris organiques. Cette opinion, émise par un homme verra sur les lieux avec les connaissances voulues pour se prononcer en pareille matière, dit-on, à trouvé grand crédit dans le pays, — peut-être parce qu’elle semblait promettre un lieu de dépôt qui devait en contenir une prodigieuse quantité, pour avoir pu en laisser autant emporter par le vent. D’abord les diamans se trouvant dans tous les genres de terre du bassin, il est évident qu’ils ont due être entraînés avec ces terres ; mais, comme ces terres diffèrent essentiellement les unes des autres, elles ne peuvent provenir d’une même localité. Comment comprendre alors que les vents généraux aient pu faire une tournée dans le pays pour en enlever uniquement les terres diamantifères et les réunir toutes dans un même bassin sans en laisser tomber sur la route ? Ensuite les quatre mines sèches, si elles avaient été alimentées de la sorte, auraient dû se trouver sur la ligne droite représentant la direction des vents généraux, — ce qui n’a pas lieu, car elles forment un trapèze sur la carte. Enfui une objection capitale, c’est la présence parmi ces terres de roches dont les dimensions et le poids sont tels qu’aucun ouragan ne pourrait seulement les ébranler. Ces roches, n’ayant aucun rapport avec la nature du terrain environnant et, se trouvant à des profondeurs variables, doivent être venues en même temps que les terres en question. Or, les roches n’ayant pu céder à l’action du vent, il est de toute évidence que les terres qui les accompagnent n’ont pu être amenées par une rafale.

La troisième supposition présente les diamans comme ayant été formés sur place par le feu, — théorie assez mal définie au reste, et qui se contente d’une probabilité vague sans l’appuyer sur aucune preuve. L’action du feu laissant intacts des calcaires de toute sorte est une nouveauté qui se juge d’elle-même, et qui n’a pas besoin de réfutation.

Après avoir passé en revue les théories du vent et du feu, il reste à envisager celle de l’eau, — et après l’hypothèse de la formation à l’extérieur, celle de la formation sur place ; commençons par la dernière. Il faut rappeler ici que le bassin du New-Rush est plus large à la surface qu’au fond, vers lequel les bords se dirigent en pente, c’est-à-dire que ce bassin a la forme d’une immense capsule. Lorsqu’on met dans une capsule un liquide contenant des corps étrangers en suspension ou en dissolution, ces corps se déposent toujours à l’état de précipité ou de cristaux Contre les parois et le fond, les plus lourds et les plus gros d’abord. Or c’est précisément ce qui a lieu pour les diamans. Les bords et le fond du bassin sont les endroits où ils se rencontrent en plus grande abondance, — les plus gros étant beaucoup plus répandus vers les régions inférieures qu’à la surface. Cette règle, pour les derniers, est