Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/113

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intérêts généraux de la commune en même temps que les intérêts privés des populations. Ce système a cela de bon, qu’aussitôt fondée la nouvelle commune trouve chez les indigènes des ressources de fonds relativement considérables auxquelles il faut ajouter les prestations en nature, dont elle peut tirer un très grand parti. Ainsi au cas où Azib-Zamoun serait, comme il en a été parlé, érigé en commune mixte, on lui adjoindrait un immense territoire au sud et au nord, au sud depuis la chaîne des Flissas, au nord jusqu’à la mer ; cette commune serait une des plus puissantes parce qu’elle engloberait un pays très peuplé, et se trouverait le centre de rayonnement d’une foule de villages indigènes. Voici par contre l’inconvénient : la présence des Arabes dans le conseil et surtout le droit pour tous les indigènes du territoire d’avoir leurs troupeaux sur les communaux méritent réflexion ; il y a là dans tous les cas une source évidente de difficultés pour les colons à peine installés et qui, dans un pays nouveau et inconnu, ont besoin d’une situation nettement définie. Si donc il n’est pas possible de faire d’Azib-Zamoun, comme trop peu important encore, une commune de plein exercice, du moins peut-on le rattacher à une commune voisine, Bordj-Menaïel par exemple, tout en lui conservant une existence et des intérêts distincts, d’en faire en un mot une section de commune avec un adjoint à sa tête. C’est là-dessus que le gouverneur-général aura bientôt à se prononcer, et, le jour venu, la société s’empressera d’abdiquer entre les mains des magistrats du nouveau municipe l’autorité et les pouvoirs qu’elle détient jusqu’ici.


III

Le même traité qui avait concédé à la société le territoire d’Azib-Zamoun, dans la province d’Alger, mettait à sa disposition le territoire d’Aïn-Tinri, dans la province de Constantine, à l’ouest de cette ville, et dès le courant de l’année 1873 des mesures avaient été prises pour recevoir là aussi avant l’hiver un certain nombre de colons. Plusieurs raisons militaient en faveur de cette région : le climat en est froid relativement et paraît tout particulièrement favorable aux Européens ; les terres, — terres domaniales pour la plupart, — y sont très fertiles et très recherchées par les indigènes, qui depuis un temps immémorial les cultivent à bail ; des sources chaudes, d’un débit considérable, pourraient être utilisées pour l’irrigation. Par malheur, la nature même des lieux, coupés de montagnes et de ravins, et l’absence de routes en bon état rendaient l’exécution des travaux publics à la charge du trésor tout à la fois trop lente et trop coûteuse. D’autre part des maladies s’étaient déclarées parmi les ouvriers qui travaillaient au compte de la