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L'ECOLE SCIENTIFIQUE
SES PROMESSES ET SES PRETENTIONS

LES ANTECEDENS DU POSITIVISME

I. History of the rise and influence of the spirit of rationalism in Europe, par W. B. Lecky, 4e édition, 2 vol., Londres 1870 ; Longmans, Green and Cie. — II. Supernatural religion, 4e édition, 2 vol., 1874 ; Longmans, Green and Cie.

Il y a grand intérêt, ce me semble, à étudier le mouvement de pensées qui dans les livres s’appelle le positivisme, le cosmisme, et qui, à l’état d’instincts, travaille plus ou moins toutes les classes de nos sociétés. Qu’il existe un fort courant qui entraîne l’Europe loin des croyances et des institutions de son passé, tout le monde le sent, et beaucoup s’en effraient, non sans raison, car dans une large mesure l’entraînement de notre époque n’est encore que de la répulsion pour les choses d’autrefois : les rancunes aveugles, les illusions des appétits inintelligens et l’impuissance des esprits à concevoir des voies nouvelles le rendent plus capable de détruire n’importe quoi que de conduire n’importe où. Dangereux ou non toutefois, le torrent ne saurait être arrêté. Le mieux est de suivre du regard les idées et les projets qui tentent de lui ouvrir un cours déterminé. Après tout, notre avenir ne dépend pas des passions aveugles qui s’y mêlent ; il dépend des plans que les intelligences pourront imaginer pour créer un ordre de choses avec tous les instincts, bons et mauvais, qui sont hors d’état d’avoir une volonté pratique à eux. Or, à l’heure qu’il est, l’école ou les écoles que je me permets de désigner sous le nom de positivisme représentent ce