Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/485

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Aujourd’hui qu’on a réussi à construire des machines magnéto-électriques qui ne représentent que de cinquante à cent becs Carcel, le problème de l’éclairage électrique est en partie résolu. Plusieurs lampes de cinquante becs, entourées de globes de verre dépoli, éclairent une fabrique à giorno sans fatiguer la vue. Comme les appareils sont devenus en même temps bien moins lourds et moins encombrans, il est permis d’espérer que l’éclairage électrique s’introduira aussi à bord des navires, et que, grâce à cette innovation, qui sera rendue obligatoire, nous verrons diminuer le nombre des collisions en mer.

La galvanoplastie a également trouvé dans les machines magnéto-électriques de précieux auxiliaires, et beaucoup d’ateliers les ont depuis longtemps substituées aux piles. La machine de Gramme notamment a subi dans l’espace de deux ans des simplifications inattendues, qui montrent dans quelles proportions le rendement utile de ces appareils peut parfois être augmenté par une modification de détail, et qui laisse deviner quels progrès pourront être encore espérés le jour où une théorie rationnelle nous évitera les longs tâtonnemens.

Ce qu’on sait déjà par l’expérience, c’est que dans beaucoup de cas le rendement de ces machines est notablement accru lorsqu’on remplace l’aimant permanent par un électro-aimant qui emprunte sa force aux courans mêmes qu’il produit. Les machines ainsi modifiées, qui prennent alors le nom de machines dynamo-électriques, réalisent de la manière la plus simple et la plus directe la transmutation du travail mécanique en courans d’électricité. On fait tourner une roue ; le déplacement relatif d’une bobine et d’un morceau de fer doux donne naissance à un courant qui est en quelque sorte une résistance détruite, car ce courant exerce une réaction qui tend à faire tourner la roue en sens inverse. Ce courant passe de la bobine dans les spires d’une hélice qui entoure le fer doux, et excite dans ce dernier une polarité magnétique qui augmente avec la vitesse de rotation. En même temps s’accroît, s’enfle, déborde le courant, que l’on voit ainsi naître sous l’action immédiate de l’effort mécanique dépensé à faire tourner le volant. Depuis quelques années, le volume et le poids des machines dynamoélectriques ainsi que le travail nécessaire pour obtenir un courant d’une intensité donnée ont été réduits dans une mesure extraordinaire, ce qui prouve que le problème de la production économique de l’électricité sera peut-être résolu plus tôt qu’on ne le pense.

L’électricité fournie par les piles revient très cher. C’est le prix de revient qui s’oppose jusqu’ici à l’emploi de l’électricité comme force motrice, car théoriquement il est facile, en renversant le mécanisme des machines dynamo-électriques, d’en faire des moteurs, c’est-à-dire de produire du mouvement par des courans. Il s’agit seulement d’obtenir d’abord ces courans à bon marché. Or nous trouvons dans un