Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/618

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pendant un temps plus ou moins long avec un capital plus modique. On remarque combien les petites bourses s’emplissent de fonds turcs, égyptiens, péruviens, etc. ; si l’on réfléchissait que les revenus de ces fonds, depuis tant d’années très rémunérateurs, ont permis à de pauvres gens de pourvoir plus aisément à leurs dépenses quotidiennes, on trouverait que le calcul de leur part n’a pas été si mauvais. Cette multiplication des valeurs nouvelles, étrangères ou non, qui remplissent les feuilles de la cote officielle de la Bourse de Paris, démontre a priori l’extension des négociations. L’accroissement du nombre et de l’importance des grandes sociétés de crédit en est une nouvelle preuve. Toutes ces sociétés, dont l’objet principal est de recevoir et d’employer l’argent du public, ont développé le goût des achats et des ventes des valeurs mobilières. Or beaucoup de ces opérations, qui se compensent par la simultanéité des offres et des demandes produites dans tous les sièges des établissemens de crédit, échappent à la corporation des agens de change sans pour cela se dérober aux prescriptions salutaires du marché officiel. Un seul chiffre permettra d’évaluer l’importance des opérations de bourse faites par la clientèle des établissemens de crédit. La Société Générale, pour favoriser le développement du commerce et de l’industrie en France, ne se charge que des affaires de bourse au comptant ; d’après le relevé de ses opérations, elle a en moyenne 9 millions d’affaires de bourse par semaine. En dehors des ordres des tiers, dont elle n’est que l’intermédiaire, la Société Générale, soit pour le placement de son capital, soit pour celui des dépôts reçus, met en reports à la Bourse, c’est-à-dire en prêts temporaires sur titres, des sommes importantes. On ne peut évaluer à moins de 40 millions par liquidation le capital ainsi employé, c’est-à-dire que les opérations de bourse de cette nature dépassent pour ce seul établissement 800 millions par année. Si l’on réfléchit que la Société Générale reçoit déjà près de 300 millions de dépôts, qu’avec ses 85 agences de province, ses 25 bureaux de quartier de Paris, on peut raisonnablement penser que ce chiffre, dans des conditions normales de calme public, sera doublé ou triplé dans quelques années ; si l’on remarque aussi que d’autres établissemens du même genre, tels que le Crédit lyonnais dans les départemens de l’est, jouissent d’une prospérité analogue et s’attachent de plus en plus à subvenir aux nouveaux besoins de l’épargne française, il sera facile de mesurer toute l’importance du marché des valeurs mobilières, et, en analysant les services rendus par les officiers ministériels qui sont chargés de les négocier, d’apprécier la considération dont ils jouissent.

Le parquet de Paris se compose, comme nous l’avons dit, de 60 agens, nommés par le chef de l’état sur la présentation du