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constater le mouvement de translation du système solaire. M. Angstrœm avait même commencé des expériences qui devaient le conduire au but cherché ; mais les résultats obtenus n’avaient rien de bien concluant. L’importance du problème décida notre Académie des Sciences à le mettre au concours : elle en fit le sujet du grand prix des sciences mathématiques pour 1870. Un de nos physiciens les plus distingués, M. Mascart, remporta le prix par un travail expérimental dont les conclusions furent d’ailleurs purement négatives. M. Mascart a mis à profit toutes les ressources que peuvent offrir les appareils les plus ingénieux et les méthodes d’observation les plus délicates sans pouvoir constater une influence quelconque du mouvement de la terre sur les phénomènes optiques où l’on avait espéré la découvrir. Pourtant les récentes recherches de M. Yvon Villarceau sur la théorie de l’aberration tendent à établir que le mouvement du système solaire doit se faire sentir dans le phénomène, et M. Villarceau vient de soumettre à l’Académie des Sciences un plan de campagne pour résoudre le problème par des observations combinées qui seraient faites en quatre stations choisies à cet effet au nord et au sud de l’équateur.

En dehors de l’influence du mouvement de la terre, il faut d’ailleurs aussi considérer celle du mouvement de la source lumineuse en tant qu’elle peut modifier le nombre des ondulations que l’œil reçoit dans un temps donné. Une influence de ce genre existe certainement pour le son : la note d’un sifflet de locomotive nous semble plus élevée quand le train arrive que lorsqu’il s’éloigne, parce que dans le premier cas l’oreille gagne quelques vibrations et que dans le second elle les perd. On a pensé que d’après le même principe la couleur des rayons qui nous arrivent d’un astre pourrait être légèrement modifiée par la vitesse avec laquelle cet astre se rapproche ou s’éloigne de nous. Le père Secchi, M. Huggins et d’autres astronomes ont entrepris de vérifier cette prévision par l’étude des spectres des corps célestes. M. Huggins a même conclu d’une de ses expériences que Sirius s’éloigne de la terre avec une vitesse de 50 kilomètres par seconde, et un astronome allemand, M. Vogel, a trouvé par le même moyen 75 kilomètres pour Sirius et 100 kilomètres pour Procyon ; mais nous sommes là sur un terrain glissant.


III.

Les positions des étoiles, déterminées directement par des observations instituées au moment du passage par le méridien, ou indirectement par la comparaison avec d’autres étoiles voisines, fourniront toujours la base la plus sûre pour toutes les recherches