Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/675

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


En 1867, nous trouvant au pied des Montagnes-Rocheuses, à 20 milles de Denver, alors capitale du territoire aujourd’hui de l’état de Colorado, nous avons exploré un des bassins à lignite les plus intéressans du grand-ouest américain. On voyait le long des ruisseaux apparaître le combustible entre des couches d’argile bleue et de grès rougeâtres, friables, feuilletés. On l’avait rejoint souterrainement par quelques puits de recherche, alors abandonnés, et dans les lits des roches ramenées à la surface nous découvrîmes l’empreinte de quelques plantes fossiles. C’étaient des palmacites, arbres de la famille des palmiers, qui poussaient en ces régions à l’époque où ce terrain carbonifère se déposait. Depuis le géologue Hayden a commencé sur ces points et d’autres analogues des investigations suivies, et a retrouvé là bien d’autres fossiles, un herbier souterrain complet et un ossuaire de grands vertébrés dont la description a frappé d’étonnement tous les paléontologistes. L’exploitation du combustible a été aussi reprise. Un embranchement ferré, réunissant Denver au grand railway du Pacifique, est passé sur ces mines, et l’on dit que la capitale du Colorado emploie aujourd’hui à la fabrication de son gaz d’éclairage une partie de ce lignite. Ce combustible est du même âge que celui qu’on rencontre le long ou au nord du chemin de fer du Pacifique dans le Wyoming, le Montana, le Dakota, l’Utah, le Nevada, le même aussi que celui qu’on exploite en Arizona, en Californie, dans l’Orégon, et qu’on retrouve jusque dans les territoires de Washington et d’Aliaska. Les mines du Mont du Diable en Californie sont les plus féconds de tous ces gîtes, et produisent aujourd’hui plus de 200,000 tonnes par an, principalement envoyées à San-Francisco. C’est ce que donnent les riches mines du bassin d’Aix en Provence, où l’on exploite depuis un siècle et demi un excellent lignite, dont le principal débouché est Marseille ; il y fait concurrence à la houille. La Californie du reste est loin de se suffire avec la production de ses mines, elle va s’adresser à l’Australie, qui lui expédie sa houille de Sidney, au Chili qui lui envoie son lignite de Lota, frère de celui du Mont du Diable. Ce n’est pas le seul point de ressemblance qu’offrent dans leurs productions naturelles les côtes du Pacifique nord et celles du Pacifique sud, aux latitudes de la Californie et du Chili.

En 1872, on estimait à environ 4l millions 1/2 de tonnes la production totale des mines de charbon des États-Unis. En tête venait la Pensylvanie pour 29 millions 1/2 de tonnes, dont 19 millions en anthracite, puis l’Ohio et l’Illinois, chacun pour 3 millions en houille bitumineuse, le Maryland pour 2 millions 1/2, l’Indiana pour 800,000 tonnes, le Missouri et la Virginie occidentale chacun pour 700,000, le Kentucky pour 350,000, l’Iowa pour 300,000, le Tennessee pour 200,000, puis tous les autres états houillers, le