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Michigan, l’Alabama, le Kansas, etc., ensemble pour 200,000 tonnes, enfin la Californie et tous les états ou territoires producteurs de lignite, pour environ 350,000 tonnes ; tous ces chiffres réunis donnent un total de 41,500,000 tonnes en charbon minéral de toute qualité, anthracite, houille bitumineuse ou lignite.

La production de toutes les houillères du globe était évaluée pour cette même année 1872 à 255 millions de tonnes, dont la Grande-Bretagne fournissait environ la moitié, ou 125 millions ; après venaient les États-Unis, qui extrayaient le tiers de celle-ci, ou M millions 1/2, puis l’empire d’Allemagne 40 millions, la France et la Belgique chacune 16, l’Autriche-Hongrie 10 1/2. L’Espagne, la Russie, la Chine, le Japon, le Chili, les colonies anglaises, fournissaient tous ensemble environ 6 millions de tonnes.

Dans la liste des pays producteurs, les États-Unis tiennent dès aujourd’hui le second rang. La marche qu’ils ont suivie mérite de fixer l’attention. En 1820, le bassin anthracifère de la Pensylvanie produisait à peine 365 tonnes. En 1872, le chiffre de production de ce seul bassin atteignait 19 millions de tonnes. En étudiant la loi de cet accroissement année par année, on voit qu’il a doublé dans des périodes très rapprochées, toujours en moins de dix ans. Pour les houillères, la progression a été encore bien plus rapide. Or le chiffre de la production dans la Grande-Bretagne ne double que tous les quinze ans ; la France, la Belgique, obéissent aussi à cette loi. Si l’on adopte la limité maximum de dix ans pour toutes les mines de combustible des États-Unis, il est facile de voir qu’en moins de quarante ans ceux-ci auront atteint la Grande-Bretagne. Bien plus, d’après les inventaires mêmes qui ont été faits des réserves souterraines britanniques, après des enquêtes minutieuses ordonnées par le parlement, sur les suggestions de M. Gladstone, et qui n’ont pas duré moins de cinq ans, de 1866 à 1871, c’est dans quatre siècles au plus que ce pays arrivera à l’entier épuisement de son stock carbonifère. Aux États-Unis, cet important domaine est au contraire presque encore vierge, et d’une étendue qui est au moins vingt fois plus considérable que dans la Grande-Bretagne.

Il serait peut-être prématuré de tirer aucune conséquence des deux faits qu’on vient d’énoncer : l’épuisement pour ainsi dire prochain des houillères anglaises, auxquelles avant un demi-siècle les houillères américaines vont faire du reste une concurrence victorieuse, et la réserve presque indéfinie du combustible minéral aux États-Unis. Il y a dans toutes les questions de ce genre une inconnue qu’on ne voit pas. A qui appartiendront par exemple les houillères de la Chine quand celles de la Grande-Bretagne seront épuisées ? Or celles-là sont peut-être à celles de l’Amérique du Nord ce que ces dernières sont à celles de la Grande-Bretagne, c’est-à-dire