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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.



30 septembre 1875.

Après tout la saison n’est pas mauvaise pour la paix, pour les idées sages, pour la bonne politique, et dans tous les cas on ne dira pas que nous sommes menacés de périr faute de discours ou de professions de foi dans cet interrègne parlementaire d’automne.

Depuis que l’assemblée a quitté momentanément Versailles, comme pour aller chercher dans le repos le courage et la force de bien mourir, les distributions de prix ont été la première occasion offerte le mois dernier aux hommes publics encore tout chauds des émotions de la veille. Les conseils-généraux à leur tour ont eu leur session régulière, et, bon gré, mal gré, en dépit des préfets et de la loi, la politique s’est mêlée à la discussion des affaires locales. Il fallait des harangues pour commenter la constitution et la participation des conseils de département aux élections sénatoriales. Voici maintenant les réceptions faites à M. le président de la république dans ses voyages et surtout ce qu’on pourrait appeler la session des comices agricoles, sans oublier les banquets du radicalisme, sans omettre même l’inauguration assez étrange et assez accidentée de l’inauguration du monument de Guillaume le Conquérant à Falaise. Des discours, on n’en manque pas aujourd’hui, ils sont presque innombrables, — et le midi n’a pas encore donné ! La politique, il est vrai, peut passer pour un hôte assez inattendu particulièrement dans ces paisibles réunions agricoles, au milieu des charrues perfectionnées, des expositions des diverses cultures et des représentans de l’espèce bovine. Ces modestes et intéressans comices ne laissent pas d’être quelque peu détournés de leur destination primitive, qui ne les appelait pas à être des succursales du parlement ; mais qu’importe ? Le palais de Versailles est fermé pour le moment, les élections, sans être décidées, ne peuvent être éloignées, on jouit des derniers loisirs, et chacun veut dire son mot, M. le vice-président du conseil à Dompaire dans les Vosges, M. le duc de Broglie à Beaumesnil dans l’Eure, M. Christophle et M. de Mar-