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l’Antietam, et avaient engagé avec les confédérés un vif combat d’artillerie. Burnside, avec le 9e corps, occupait les collines qui s’élèvent au sud du chemin de Rohrersville. Sur celles que gravit la route de Keedysville se trouvaient, en première ligne, les divisions Sykes à gauche de la route, et Richardson à droite, dans les positions qu’elles avaient prises la veille. Les deux autres divisions du corps de Sumner étaient massées derrière Richardson. Plus à droite, Hooker s’était établi aussi, la veille au soir, avec les têtes de colonne de sa première division, sur les hauteurs d’où la route de Keedysville à Williamsport descend vers l’Antietam en inclinant à droite : le reste de son corps d’armée l’avait rejoint pendant la nuit. Il était suivi de près par le petit corps de Mansfield, qui s’était arrêté derrière lui. Enfin Pleasonton, avec sa cavalerie, occupait déjà les gués et le pont supérieur de l’Antietam. Ainsi Mac-Clellan avait alors sous la main treize divisions d’infanterie et une de cavalerie, dont l’effectif nominal s’élevait à 66,000 hommes, et qui certainement ne pouvaient en compter moins de 45,000 à 50,000 prêts au combat.

Lee, qui n’avait guère plus de 25,000 nommes à lui opposer, s’était borné à rectifier sa ligne. Longstreet formait sa droite et D. H. Hill son centre ; tous les deux occupaient les collines qui dominent les routes de Keedysville et de Rohrersville ; le général en chef avait concentré presque toute son artillerie sur leur front, de manière à couvrir de ce côté contre toute attaque les passages de l’Antietam. Hood, à la tête de deux brigades, gardait à l’extrême gauche l’importante position de Dunker-Church. Enfin Jackson, avec ses deux petites divisions, avait été placé dans le vaste espace qui séparait la droite de Hood à Dunker-Church de la gauche de Hill sur l’Antietam, de manière à les relier autant qu’il était possible.

Depuis le point du jour, on s’attend de part et d’autre au combat, et chaque fois qu’une éclaircie du brouillard le permet, les batteries hostiles, placées sur les rives opposées, échangent leurs saluts meurtriers. Enfin, vers deux heures, le plan de Mac-Clellan est fait ; les positions sont reconnues, les ordres donnés, et Hooker se met en marche. Il doit passer l’Antietam aux gués et au pont supérieur, qui sont déjà, au pouvoir de la cavalerie fédérale, et venir attaquer par l’isthme le flanc gauche de l’ennemi ; mais il ne doit pas être seul dans ce mouvement, car c’est de ce côté que Mac-Clellan porte son principal effort. Reconnaissant la difficulté d’aborder de front les positions ennemies et d’enlever les passages de l’Antietam, il a résolu de les tourner. Burnside, avec le 9e corps, restera seul à cheval sur la route de Rohrersville, la division Sykes en face du pont de celle de Keedysville ; enfin toutes les autres troupes présentes sur le terrain, c’est-à-dire les deux corps de