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renforts allaient d’ailleurs arriver, il fallait les attendre. Les deux divisions de Couch et de Humphreys rejoignirent l’armée dans la matinée. Dès qu’elles parurent, Mac-Clellan, désormais assuré du succès, donna tous les ordres pour attaquer, le lendemain 19, les confédérés dans les positions qu’ils occupaient depuis la bataille.

Son prudent adversaire ne l’y attendit pas. Il avait reçu aussi un renfort dans la journée du 18, celui de la dernière division laissée à Harpers-Ferry ; toutefois ces troupes fraîches ne suffisaient pas à compenser ses pertes. La campagne sur la rive gauche du Potomac était finie et ne pouvait se reprendre. Dès lors il était inutile de persister à se maintenir dans l’angle de ce fleuve et de l’Antietam, où tant de sang avait déjà été versé inutilement pour la cause confédérée : c’était s’exposer sans objet à une attaque qui aurait pu dégénérer en désastre. Dans la nuit du 18 au 19, toute l’armée de Lee, profitant de ce que les eaux du Potomac étaient très basses alors, repassait silencieusement en Virginie. Elle laissait derrière elle, sur le sol du Maryland, avec nombre de ses meilleurs soldats tués ou blessés, bien des espérances déçues, bien des illusions détruites ; mais les confédérés quittèrent en vaillans soldats le sol qui leur avait été si funeste, en n’abandonnant à l’ennemi aucun trophée de leur retraite nocturne. Le lendemain matin, une partie du corps de Porter traversa le fleuve à leur suite, repoussant devant elle la brigade Lawton, qui lui disputa mollement le gué de Sheppardstown et qui perdit quelques canons dans cette affaire. L’armée confédérée se retirait sur Martinsburg et la partie occidentale de la vallée de Virginie. Jackson devait former l’arrière-garde et défendre la ligne de l’Opequan, affluent du Potomac. Craignant d’être trop pressé par les fédéraux, il se décida à faire contre eux un retour offensif. Le 20 au matin, à la tête de deux divisions, il surprit Porter, qui n’avait encore fait passer le Potomac qu’à une partie de ses troupes. Se formant sur deux lignes, A. P. Hill les attaque de front, tandis qu’Early s’embusque dans les bois qui avoisinent les hauteurs où les fédéraux sont postés. Une charge de Hill, que l’artillerie ennemie ne peut arrêter, ébranle les soldats de Porter ; Early achève de les mettre en désordre, et ils gagnent à la hâte l’autre rive du Potomac, en laissant derrière eux un bon nombre de tués et de blessés, ainsi que 200 prisonniers. Jackson revint, avant la nuit, prendre position sur l’Opequan. Mac-Clellan de son côté occupa quelques jours après Harpers-Ferry. La campagne du Maryland était terminée.


COMTE DE PARIS.