Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 9.djvu/438

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ne l’est pas moins aujourd’hui à Upsal et à Lund. Le titre de citoyen académique n’est donné qu’à la suite d’examens difficiles qui couronnent les études classiques.

L’enseignement secondaire est libre à peu près comme en France, c’est-à-dire que des établissemens privés font concurrence aux lycées de l’état (elementarlöroverk). Ces lycées ne sont d’ailleurs que des collèges d’externes (l’internat semble aux Suédois quelque chose de monstrueux), dont on peut suivre les classes presque gratuitement. La bifurcation est établie aussi largement que possible : sur neuf classes, la première seule est commune, on bifurque à la deuxième, — la huitième en notre langage. Après s’être élevés de classe en classe avec un examen à chaque échelon, les élèves subissent, soit dans la section littéraire, soit dans la section scientifique, une épreuve définitive qui leur ouvre la porte des universités. L’université était autrefois juge des candidats qui demandaient à suivre ses cours : elle doit aujourd’hui accepter tous les jeunes gens qui ont subi l’examen de sortie dans un collège de l’état. Les collèges ont acquis par là ce qu’on appelle le droit de dimission, privilège qui a été aussi accordé par le gouvernement à cinq ou six établissemens privés présentant des garanties suffisantes. On a ainsi débarrassé les villes universitaires de la foule des preliminaristes ou examinandi qui attendaient parfois plusieurs années avant d’être admis à la dignité d’étudiant. Les examens de sortie sont subis devant les professeurs mêmes du lycée, sous la surveillance de censores nommés par l’état. Dans une étude publiée ici même, M. Bréal a montré les avantages de ce système, qui est aussi celui de l’Allemagne [1].

L’immatriculation à l’université confère le titre de citoyen académique ; autrefois elle enlevait complètement l’étudiant à la juridiction de droit commun pour le soumettre à celle de l’université. Ce privilège, peu en harmonie avec les idées de notre temps, a été restreint en 1852, si bien qu’il n’en reste plus qu’un droit d’infliger aux étudians quelques peines disciplinaires. L’expulsion temporaire ou définitive peut être prononcée pour punir la paresse ou pour réprimer certains délits, comme l’ivresse ou l’inconduite : encore faut-il que ces délits aient été commis dans la ville ou dans un rayon d’un mille, sinon l’autorité judiciaire est seule compétente. L’immatriculation donne le droit de suivre les cours et de travailler dans les bibliothèques, collections scientifiques et laboratoires universitaires.

Les étudians immatriculés à Upsal en 1873 étaient au nombre

  1. Voyez la Revue du 15 novembre 1873.