Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 9.djvu/642

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


signalée aux stations météorologiques établies dans les ports de mer en France et en Angleterre, et l’on prémunit ainsi les marins contre les chances de mauvais temps. Cette belle découverte a déjà épargné des milliers de vies humaines.

S’il est important pour les marins de connaître à l’avance l’approche des tempêtes et la direction des vents, il serait extrêmement précieux pour les cultivateurs de savoir à-quelques jours près le temps qu’il fera ; de là ces dictons si nombreux qui ont cours dans les campagnes, et qui, pour ne pas reposer sur une base scientifique, n’en renferment pas moins quelquefois une parcelle de vérité. Les observations multipliées auxquelles on se livre depuis plusieurs années ont déjà permis de constater certains faits qu’on ne peut encore formuler en loi et dont on ignore la cause, mais dont on peut dès aujourd’hui faire son profit pour la prédiction du temps à courte échéance. Ainsi M. Ch. Sainte-Claire Deville a observé que du 9 au 14 de chaque mois il se produit toujours un abaissement relatif de température. Ce fait a été confirmé jusqu’ici par d’autres observateurs, notamment par M. Sartiaux, ingénieur des ponts et chaussées, dans les stations météorologiques du département de l’Oise. S’il passe un jour à l’état de loi, il fournira aux cultivateurs un précieux renseignement. Lorsqu’en effet dans les mois dangereux pour l’agriculture, d’avril et de mai les températures minima des premiers jours auront été voisines de zéro, il y aura beaucoup de probabilités pour que du 9 au 14 la température baisse au-dessous de ce point, et pour qu’il survienne des gelées. Il sera donc prudent dans ce cas de prendre les précautions commandées par les circonstances. Une indication analogue pourra être fournie par l’observation attentive du baromètre. M. Sartiaux en effet, en comparant la marche de cet instrument à celle du thermomètre, a reconnu que les courbes des oscillations de l’un et de l’autre sont à peu près parallèles, mais non synchroniques, les variations barométriques précédant de deux à cinq jours les variations thermométriques ; mais à chaque maximum ou minimum de pression correspond à quelques jours d’intervalle un minimum ou un maximum de température. L’observation du baromètre évitera donc aux cultivateurs de désagréables surprises, et leur permettra de se mettre en garde contre les météores dangereux. Cependant, comme chaque cultivateur ne peut avoir chez lui les instrumens de précision nécessaires, dont le plus souvent d’ailleurs il ne saurait pas se servir, c’est aux commissions météorologiques départementales qu’il appartient de faire connaître au public les phénomènes probables qui peuvent l’intéresser. Ces commissions, qui n’existent encore que dans quelques départemens, pourraient rendre de cette façon d’incalculables services, ainsi d’ailleurs que vient de le faire celle