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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.



14 juin 1875.

Il en est des parlemens comme des hommes. Après la difficulté de bien vivre, il y a pour eux la difficulté de bien mourir, dont les uns et les autres s’accorderaient volontiers à ne parler jamais, s’ils pouvaient ainsi échapper à l’inévitable fin ; mais non, rien ne peut détourner la destinée qui doit s’accomplir, qu’on peut tout au plus retarder de quelques jours ou de quelques mois. L’assemblée qui siège à Versailles, qui compte déjà plus de quatre années d’existence, a plus ou moins bien vécu ; elle a certainement aujourd’hui le pressentiment d’une fin prochaine. Sera-ce pour le mois d’octobre ? sera-ce pour le printemps de 1876 ? Comment fixer l’heure à la fois redoutée et inévitable ? C’est l’unique question qui reste incertaine, autour de laquelle s’agitent dans une sorte de demi-obscurité deux courans d’opinions ou d’impressions.

Pourquoi donc se hâter, disent ceux qui voudraient gagner du temps, ceux qui ne sont pas pressés de mourir, peut-être parce qu’ils craignent de ne pas revivre par les élections, pourquoi se lier par des résolutions prématurées et mesurer à l’assemblée les jours qui lui restent à vivre ? Il y a encore tant à faire ! Il y a la constitution du 25 février à compléter par les lois organiques, il y a le budget à étudier et des impôts à voter. La loi sur la liberté de l’enseignement supérieur soulève des discussions sérieuses, intéressantes, qui se prolongent, et elle n’en est encore qu’à la seconde lecture. M. le garde des sceaux montré à l’horizon une loi sur la presse, et M. le ministre des travaux publics frappe à la porte avec ses lois sur les chemins de fer. C’est trop pour une session d’été. L’assemblée ne peut pas tout faire à la fois ; quoiqu’elle ne soit revenue des vacances du printemps que depuis quelques semaines, elle est déjà fatiguée, elle