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DEUX ROMANS
D'OUTRE-RHIN

I. Die Geier-Wally, eine Gesehichti aus den Tyroler Alpen, par Mme W. de Hillern, 1 vol. ; Berlin 1875 ; — II. Ein Arzt der Seele, par la même, 2 vol. ; Berlin 1872.

Au groupe des femmes-auteurs de l’Allemagne qui ont été ici même l’objet de plusieurs études[1], il faut ajouter un nom nouveau, celui de Mme de Hillern. La vogue toute récente de cette romancière, l’importance et la valeur incontestable de ses productions, méritent de fixer un instant chez nous l’attention du public lettré. De la personne et de la vie de Mme de Hillern, il n’y a, pour le moment, que peu de chose à dire ; le moi n’apparaît pas dans ses écrits, et elle ne s’est point encore, à l’exemple de Mme Fanny Lewald, mise en scène dans de gros volumes de mémoires. Aussi la critique ne saurait-elle guère, sans une indiscrète curiosité, rechercher la part d’autobiographie qui a pu entrer dans la substance de ses œuvres.

Wilhelmine Birch est la fille d’un Danois qui a longtemps résidé en France ; de bonne heure elle a révélé de remarquables aptitudes, et la grande-duchesse Stéphanie de Bade, une princesse Beauharnais, qui avait pour elle une grande affection, se plaisait à lui prédire une brillante fortune littéraire. L’horoscope s’est trouvé juste ; la jeune Badoise, mariée depuis lors à M. le baron de Hillern, directeur de justice à Fribourg en Brisgau, est devenue, comme disent les Allemands, une femme géniale. Ce qui achève de lui donner le trait caractéristique, c’est qu’elle n’a rien du bas-bleu : c’est ayant tout un esprit sain, bien équilibré et sans afféterie. Ne cherchez pas

  1. Voyez notamment celle de M. Albert Sorel dans la Revue du 15 septembre 1869.