Page:Revue des Deux Mondes - 1877 - tome 22.djvu/104

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la prorogation ou la dissolution du parlement. Ces pouvoirs du gouverneur suffiraient pour montrer quelle prise considérable l’autorité anglaise conserve encore sur ses colonies en dépit du self-government, quand bien même nous n’ajouterions pas que les bills même revêtus de la sanction du gouverneur ne sont définitifs que lorsqu’ils ont échappé au veto du gouvernement anglais pendant les deux années qui ont suivi leur réception. Le loyalisme de la population australienne d’autre part se montre parfaitement dans la manière dont les institutions représentatives ont été appliquées et combinées. Ces constitutions sont fort diverses. Quelques-unes font la part fort large à l’élément populaire, mais dans la plupart on n’aperçoit aucun empressement à se précipiter vers la démocratie absolue, aucune tendance à l’imitation de l’Amérique. Voyez plutôt. Dans Queensland et la Nouvelle-Galles du sud, le conseil législatif, ou chambre haute, est nommé à vie par le gouverneur qui le choisit, cela va sans dire, parmi les classes les plus conservatrices du pays. Dans Victoria ce conseil se compose de trente membres et est élu par les six provinces entre lesquelles est divisée la colonie, soit cinq membres par province, dont un sortant chaque deux ans. Un cens est exigé du candidat et de l’électeur. Le premier doit posséder une propriété d’une valeur de 2,500 livres sterling, le second justifier de taxes montant à une somme de 50 livres. Il en est à peu près de même en Tasmanie. Dans l’Australie du sud, le conseil se compose de dix-huit membres dont six sortans chaque quatre ans, et est élu au scrutin de liste par des électeurs qui doivent justifier d’un loyer de 20 livres, d’un immeuble de 25 livres ou d’un bien fonds de 50 livres. Il y a plus d’uniformité pour l’élection de la chambre législative ; généralement le suffrage universel prévaut sans autre conditions que l’âge de vingt et un ans et une résidence de six mois, cependant dans Queensland l’exercice du droit électoral est soumis à des conditions presque aristocratiques. Là l’électeur doit justifier d’une propriété de 100 livres libres de toute redevance, ou d’un loyer de 10 livres, ou d’un bail de 10 livres dont trois années échues et trois années à courir, ou d’une licence de pâturage, ou d’un salaire de 100 livres, ou enfin payer une pension de 40 livres pour nourriture et logement. Dans toutes les colonies, sauf Victoria, les fonctions législatives sont gratuites, grave atteinte au principe du suffrage universel. Le faible chiffre de sa population a privé jusqu’à présent l’Australie de l’ouest d’un gouvernement représentatif, mais pour la consoler de ce désavantage on lui a octroyé une manière de charte en vertu de laquelle elle possède une assemblée unique de dix-huit membres dont six nommés par le gouvernement et douze par les citoyens. Comme cette assemblée n’existe que par