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II. LES INDIGÈNES ET LE TRAVAIL DES COLONIES


I. South Africa by Anthony Trollope, 2 vol. in-8° ; London, 1878. — II. A Year’s Housekeeping in south Africa, by lady Barker, 1 vol. ; London, 1877.


I

« L’Afrique du sud, dit justement M. Trollope, est un pays d’hommes noirs et non d’hommes blancs ; elle l’a été, elle l’est, elle continuera de l’être. » C’est là, n’est-ce pas, une vérité d’une telle évidence qu’elle ressemble presque à ce que les Anglais appellent un truism ; il paraît néanmoins que c’était l’œuf de Christophe Colomb, car elle a été pour beaucoup une révélation lorsqu’ils l’ont rencontrée revêtue de la formule de notre voyageur. Il suffit cependant d’un coup d’œil sur une carte de l’Afrique australe pour reconnaître que la présence des blancs n’a pas eu le privilège de faire disparaître, ni même de refouler les populations indigènes. Des multitudes noires, il y en a partout, sur les frontières, dans l’intérieur des terres, entre les diverses colonies. Dans les vastes régions de l’ouest qui s’étendent de la colonie du Cap au désert de Kalahari s’échelonnent les Hottentots et leurs congénères, Namaquas, Gonaquas, Korannas, Boschimans, Damaras. A l’ouest de l’état d’Orange, les Griquas occidentaux peuplent le pays des diamans. Dans le Transvaal s’agitent les Bapedis et autres tribus des Betchuanas. Entre Orange et Natal vivent les Basoutos, au nord du