Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/218

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Dernièrement le bruit s’était répandu à Berlin que le gouvernement impérial, averti par de fâcheuses expériences, sensible à la déception, au dommage et aux dégoûts qu’il a éprouvés en vendant à Londres ses barres et ses lingots d’argent démonétisé, se proposait de réviser sa législation monétaire. Mme de Sévigné a dit que « les petites pertes fréquentes sont comme les petites pluies qui gâtent bien les chemins. » Les petites pertes que l’empire germanique a essuyées par la vente de l’argent se montent déjà, de compte fait et au bas mot, à près de 65 millions de marks, et on assurait que le chancelier, se rebutant d’une opération si peu lucrative, pensait à rétablir le double étalon. A ce propos, quelques députés, et à leur tête l’honorable M. Delbrück, qui n’a jamais passé pour un indiscret, se permirent de lui adresser une interpellation ou, pour mieux dire, une simple question. Était-il vrai, oui ou non, que le gouvernement eût donné l’ordre de suspendre la vente de l’argent ? Était-il vrai qu’il fût disposé à revenir au double étalon ?

« Votre interpellation, leur a répondu en résumé M. de Bismarck dans la séance du Reichstag du 19 juin, me parait inopportune, dangereuse et fort déplaisante. Je l’ai dit l’autre jour au président de la chancellerie en termes plus énergiques. M. Hofmann est un homme beaucoup trop poli pour oser répéter devant vous les expressions dont je me suis servi, et il est certain qu’elles ne sont pas de nature à être répétées ici. Mais je lui ai dit également que je sortirais de mon