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CHAPITRE III (1803). [1]


Suite du voyage en Belgique. — Opinions du premier consul sur la reconnaissance, la gloire et les Français. — Séjour à Gand, à Malines, à Bruxelles. — Le clergé. — M. du Roquelaure. — Retour à Saint-Cloud. — Préparatifs d’une descente en Angleterre. — Mariage de Mme Leclerc. — Voyage du premier consul à Boulogne. — Maladie de M. de Rémusat. — Je vais le rejoindre. — Conversations du premier consul.


Quand Bonaparte arrivait dans une ville, aussitôt le préfet du palais était chargé d’en convoquer les diverses autorités, pour qu’elles lui fussent présentées. Le préfet, le maire, l’évêque, les présidens des tribunaux le haranguaient, ensuite, se retournant vers Mme Bonaparte, lui faisaient aussi un petit discours. Selon qu’il était en train de plus ou de moins de patience, Bonaparte écoutait ces discours jusqu’au bout, ou les interrompait pour faire aux différens individus des questions sur les attributions de leur charge ou sur le pays où ils l’exerçaient. Il questionnait rarement avec l’air de l’intérêt, mais avec le ton d’un homme qui veut prouver qu’il sait, et qui veut voir si l’on saura lui répondre. Dans ces harangues il était question de la république, mais, si on voulait se donner la peine de les relire, on verrait qu’à bien peu de choses près on les adresserait facilement à un souverain. Dans quelques villes de Flandre, il y eut certains maires qui osèrent pousser le courage jusqu’à presser le consul d’achever le bonheur du monde en remplaçant son

  1. Voyez la Revue du 15 juin et du 1er juillet.