Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/413

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a eu lieu plus tardivement ; des obstacles particuliers barraient le chemin. Ces difficultés sont maintenant heureusement surmontées. Une moisson de résultats nouveaux se fait à l’heure présente, moisson tellement riche qu’elle éblouit parfois l’imagination de ceux qui la recueillent.

Une pareille évolution scientifique ne doit point rester cachée derrière les murs des laboratoires. Ceux qui s’intéressent aux progrès de l’esprit humain doivent en être avisés ; c’est pourquoi, malgré l’âpreté du sujet, j’ose entreprendre d’en montrer la fécondité et l’ampleur.


I

Le procédé qui sert de base aux études actuelles de géologie micrographique consiste dans la réduction des minéraux et des roches en lames minces, susceptibles d’être observées par transparence. Avant de décrire les détails minutieux que comporte cette méthode d’examen et le cortège complexe de moyens de contrôle dont elle s’entoure, je veux immédiatement en faire connaître les applications principales et en particulier les transformations qu’elle a fait subir à la science des roches, en lui donnant un caractère de précision dont elle était dépourvue, résolvant plusieurs des grandes questions qui jusqu’alors préoccupaient vainement les géologues et les minéralogistes et faisant naître d’autres problèmes d’ordre plus élevé. Mais pour procéder avec méthode, il est indispensable que nous jetions d’abord un coup d’œil historique sur les développemens modernes de la pétrologie.

Dans les premières années de notre siècle, à l’époque où les sciences géologiques commençaient à prendre leur essor, la question de la nature et du mode de formation des roches était l’un des sujets dont les naturalistes aimaient le plus volontiers à s’entretenir. Des discussions animées, engagées entre Hutton et Werner, se continuaient entre leurs disciples. Les roches à structure cristalline comme le granit, ou d’apparence compacte comme le basalte, étaient particulièrement l’objet d’intéressantes luttes scientifiques. La création encore récente de la minéralogie et de la chimie n’avait fait qu’augmenter l’ardeur de la discussion, en lui donnant des bases positives. Les élémens des roches à gros grains furent alors connus dans leurs principales propriétés physiques et dans leur composition chimique élémentaire, mais pour les roches d’apparence compacte le problème restait entier. Un moment on le crut résolu ! , lorsqu’en 1815 Cordier démontra la cristallinité du basalte et fit connaître les principaux minéraux qui entrent dans sa constitution. La découverte de l’illustré professeur excita