Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/492

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rédacteurs du Globe. La plupart des fragmens insérés dans les Mélanges philosophiques sont extraits de ce journal ; mais l’auteur de la note en indique plusieurs autres d’un caractère plus littéraire qui n’ont pas été reproduits, par exemple sur l’Histoire et la conquête de l’Angleterre d’Augustin Thierry, sur les romans de Walter Scott, sur la Turquie, sur l’Espagne : travaux qui nous prouvent à quel point le talent et les connaissances de Jouffroy étaient variés et étendus. A côté de Jouffroy, M. Duchâtel traitait des conférences de l’abbé Frayssinous, de la liberté de l’enseignement primaire, de l’esprit d’association, et combattait les doctrines socialistes d’Owen ; en même temps, il défendait l’industrie contre les attaques déraisonnables de M. de Bonald. Dans le même ordre d’idées, M. Duvergier de Hauranne étudiait toutes les questions qui intéressaient l’Angleterre, les élections anglaises, l’émancipation des catholiques, etc., et, dans un article sur Shakspeare, il félicitait M. Villemain d’être entré dans le camp des romantiques par son article de la Biographie universelle sur le grand poète anglais. M. Thiers fut encore un des collaborateurs actifs du Globe. En 1824, il y rendit compte du Salon, et ceux qui auront la curiosité de suivre ce merveilleux esprit sur ce terrain, où il était aussi à son aise que sur tous les autres, le reconnaîtront à la signature Y qui termine ces articles. Il s’y montrait favorable aux novateurs sans sacrifier les principes du goût. Armand Carrel donna aussi au Globe un grand nombre de travaux sur l’histoire d’Angleterre et sur l’histoire de notre révolution. Rémusat et Vitet furent au premier rang des rédacteurs les plus assidus et les plus charmans du journal. On nous indique plusieurs études littéraires de Rémusat, que le public ne connaît pas : sur Casimir Delavigne, sur Lamartine, sur Béranger, sur le Cromwell de Victor Hugo. L’admiration qu’il exprimait pour ce dernier ouvrage nous explique le goût qu’il eut plus tard lui-même pour le drame historique, dont il nous a laissé de si brillans modèles. Quant à Vitet, ce fut au Globe qu’il commença cette carrière d’esthéticien supérieur, qu’il continua dans cette Revue et où il a été sans rival. Enfin Cousin, Guizot, Sainte-Beuve, Magnin, Ampère, ont tous, les uns plus fréquemment, les autres par occasion, contribué pour leur part à la rédaction du journal. Cousin y insérait quelques-uns de ses Argumens de Platon, Thierry des fragmens de son Histoire de la Conquête, Béranger une chanson sur Manuel, Victor Hugo la préface de Cromwell, Villemain un fragment sur l’Éloquence chrétienne. Benjamin Constant un fragment de son livre sur la Religion, Chateaubriand lui-même la préface générale de ses œuvres. On voit combien de richesses littéraires se sont accumulées en quelques années dans cette publication libérale, ouverte à tout ce