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II. LA CONSCIENCE SOCIALE. [1]


I. Herbert Spencer, Principes de sociologie, trad. par M. Gazelles. — Essais de politique ; trad. par M. Bardeau. Paris, 1879. — II. A. Espinas. Les Sociétés animales, 2e édition, Paris, 1879. — III. Scheffle. Bau und Leben des socialen Kœtpers, Tubingue 1875.


Ce qu’on appelle la conscience nationale est le résultat et la consonance de millions de pensées individuelles ; elle n’en a pas moins ses caractères propres, qui doivent faire l’objet d’une étude spéciale : la physiologie des sociétés doit être complétée par leur psychologie. Il faut transporter dans le domaine humain ce qui est vrai dans le domaine de la nature. Quoique une forêt soit composée d’arbres, les lois qui régissent la croissance d’un arbre isolé ne dispensent pas d’étudier celles qui font prospérer toute une forêt. Il y a sur la montagne des groupes de grands arbres qui ne peuvent croître dans l’isolement : séparés les uns des autres, ils ne résistent plus aux rigueurs du froid ou de la tempête ; unis entre eux et formant de vastes forêts, ils se soutiennent, se protègent, se créent à

  1. Voyez la Revue du 15 juillet.