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du sud-ouest, celle des montagnes du centre, celle du sud et celle de l’est.

La région du nord-est, momentanément mutilée, comprenait autrefois les départemens des Ardennes, de la Meuse, de la Meurthe, des Vosges, de la Moselle, du Haut et du Bas-Rhin ; elle est traversée du nord au sud par la chaîne des Vosges, dont les ramifications dirigées à l’est et à l’ouest forment des vallées perpendiculaires à l’arête principale. Le climat, rude sans être pluvieux, se réduit le plus souvent à deux saisons et passe de l’hiver à l’été sans aucune transition. Les parties montagneuses, formées de granit ou de grès vosgien, sont ordinairement couvertes de taillis de chêne, de charme et de bouleau dans les régions inférieures, de futaies de sapin, de hêtre et d’épicéa sur les sommets plus élevés. Les vallées irriguées avec soin sont transformées en prairies, auxquelles il ne manque qu’un peu d’engrais pour donner un foin d’excellente qualité ; tandis que les contreforts de la chaîne principale, aussi bien sur le versant alsacien que sur le versant lorrain, sont plantés de vignes dont les produits rivalisent avec les meilleurs crus d’outre-Rhin. Les plaines sont fertiles et bien cultivées ; elles produisent du blé, du colza, du houblon et même du maïs.

L’ensemble de cette région, surtout dans les départemens du Haut et du Bas-Rhin, delà Moselle et des Vosges, est livré à la petite culture, car le nombre des exploitations dont l’étendue est de moins de 10 hectares dépasse 83 pour 100 ; celui des moyennes exploitations est de 14 pour 100 et celui des grandes à peine de 3 pour 100. Par contre, la plupart des propriétaires cultivent par eux-mêmes, le métayage est à peu près inconnu et le fermage réduit aux propriétés d’une certaine importance.

Les anciennes provinces de la Normandie, de l’Artois, de la Flandre et de la Picardie forment la région du nord-ouest, qui est traversée par deux chaînes de collines dont l’une partant des Ardennes se termine près du Havre, dont l’autre, venant du Perche, se dirige du sud au nord, vers Honfleur. Le climat en est tempéré et brumeux, les pluies d’automne sont fréquentes et les hivers peu rigoureux, car le gulf-stream fait sentir son influence jusque bien avant dans les terres. Grâce à cette humidité, les prairies naturelles, surtout dans l’ancienne Normandie et dans une partie des départemens du Nord et de l’Aisne, sont très abondantes. Séparées les unes des autres par des haies ou des talus, elles sont le plus souvent livrées au parcours des bestiaux, qui donnent au paysage une grande animation. La production du beurre et du lait, l’engraissement des bœufs pour la boucherie, l’élève des chevaux de luxe sont les principales industries de ces pays d’herbages, dont elles font la fortune ; aussi ces pâturages ont-ils une grande valeur ; il n’est pas rare de