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II. LES CAUSES DE LA CRISE. [1]


Dans une précédente étude, nous avons exposé la situation agricole actuelle de la France et les progrès qui ont été réalisés. depuis vingt ans dans l’exploitation de la terre, sous l’influence des découvertes de la science et des débouchés nouveaux offerts à nos produits. Il nous reste à rechercher les causes de la crise que subit en ce moment l’agriculture et, dans la mesure du possible, à en indiquer les remèdes.

Bien que l’industrie agricole soit moins impressionnable que l’industrie manufacturière, puisqu’elle se prête moins à la spéculation et qu’elle s’applique à des produits d’une consommation générale, elle n’en ressent pas moins le contre-coup des événemens qui affectent cette dernière. Il y a, entre les diverses branches de la production humaine, une étroite solidarité qui ne permet pas à l’une d’elles de s’épanouir quand les autres sont dans la souffrance. Pour que l’agriculture soit prospère, il faut que l’industrie le soit, et réciproquement ; les causes qui agissent sur l’une d’elles d’une façon favorable ou défavorable produisent sur l’autre des effets analogues. Ces causes peuvent être physiques, économiques ou politiques.

La politique n’exerce sur l’agriculture qu’une action indirecte, en entravant l’esprit d’entreprise, en gaspillant les ressources du

  1. Voyez la Revue du 15 janvier.