Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/704

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Tout le monde sait que la matière se présente à nous diversement agrégée, à l’état solide, liquide ou gazeux. L’état gazeux, le plus subtil en quelque sorte, a été le plus difficile à reconnaître et à définir, et si des faits d’observation vulgaire, tels que l’effort du vent, ont fourni aux anciens la preuve de la matérialité de l’air, l’existence de divers fluides aériformes n’a été reconnue que dans les temps modernes. On attribue cette découverte au chimiste belge Van Helmont, dont les travaux remontent à la première moitié du XVIIe siècle. Le mot gaz. est de lui. C’est lui aussi qui a distingué le premier les gaz permanens d’avec les vapeurs, distinction qui s’est maintenue dans la science pendant deux siècles et demi, et que les découvertes récentes de MM. Cailletet et Raoul Pictet viennent seulement de faire disparaître.

Les fluides aériformes sont formés de particules matérielles, comme les liquides et les solides eux-mêmes ; mais ces particules sont placées à des distances respectives telles que la force d’attraction ou cohésion a perdu le pouvoir de les agréger les unes aux autres. Cette cohésion est sensiblement nulle dans les gaz, dont les dernières particules ou molécules, flottant librement dans l’espace, en sont affranchies. Elles n’y flottent point d’une façon indécise, mais sont animées de mouvemens d’une vitesse inouïe, soumis à de certaines lois et produisant de certains effets. Cette idée a été introduite dans la science, dès 1738, par Daniel Bernouilli et développée récemment par divers savans, à la tête desquels brillent MM. Clausius et Clerk Maxwell.