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LE
NOUVEAU PLAN D’ÉTUDES

Le conseil supérieur de l’instruction publique, institué par la loi du 27 février 1880, a fini ses deux premières sessions. Avant de naître, il avait fait beaucoup parler de lui et soulevé de violens débats dans les journaux et dans les chambres ; il est probable qu’à propos des décisions qu’il a prises et du plan d’études qu’il vient d’établir, les discussions vont recommencer. Comme il a essayé d’être modéré et de tenir le milieu entre les opinions extrêmes, il est à craindre qu’il ne contente tout à fait personne. On l’accusera en même temps d’avoir été téméraire et timide ; tandis que d’un côté on prétendra qu’il a trop conservé, on lui reprochera de l’autre d’avoir tout détruit. Il importe donc de savoir ce qu’il a fait réellement et d’apprécier l’étendue et l’esprit véritable de ses réformes.


I

Avant tout, nous devons reconnaître que, quoi qu’on puisse dire de ce qu’il a fait, il était impossible qu’il ne fît pas quelque chose. Voilà plusieurs années que le système de nos études est très vivement attaqué. Il l’a été d’abord dans des ouvrages spéciaux qui n’étaient guère lus que des gens du métier ; mais, en 1872, la circulaire de M. Jules Simon porta le débat devant le public. Depuis ce moment, le public n’a pas cessé de s’en occuper, souvent avec peu de compétence, toujours avec beaucoup de passion, en sorte qu’il s’est formé un de ces mouvemens d’opinion dont il faut