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LE
DRAME MACEDONIEN

I.
LES PHALANGES PAUVRES.


I

Qu’elles transportent des troupes ou livrent des combats de mer, les flottes de l’antiquité ne sont jamais que des flottilles. On serait tenté de croire, à voir nos monstrueux léviathans concentrer dans les flancs d’un navire toute la force d’une ancienne armée navale, que le temps des flottilles est à jamais passé ; ce serait, je crois, une erreur. Il n’est pas impossible que le jour vienne où les bateaux-torpilles seront assez puissans pour interdire aux navires cuirassés l’approche des côtes ou pour la leur rendre du moins excessivement périlleuse. Ces bateaux n’agiront qu’en masse ; ils suppléeront par leur nombre à la fragilité de leur coque ; il faudra qu’ils se jettent sur le monstre comme une nuée de mouches. Il n’en est pas moins vrai qu’il y a là une ressource inattendue pour les nations pauvres qui seront en même temps des nations hardies. Laissons donc là pour un instant les projets de descentes et reprenons le fil interrompu de la marine des anciens. Cette marine, dont nous n’ayons encore étudié que la première période, si animée, si