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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 août.


Puisqu’on l’a voulu ainsi, puisqu’on a cru prudent ou utile d’abréger autant que possible les préliminaires de la prochaine consultation publique, tout se hâte vers le scrutin d’où va sortir une nouvelle chambre des députés. Il n’y a que quelques jours que les élections ont été décidées, que la date du moins en a été fixée : avant que le mois soit fini, tout aura été expédié, le suffrage universel aura une fois de plus dit ses volontés par le choix de ses mandataires. Le 21 août, l’imbroglio électoral aura son dénoûment dans toutes les communes de France. Jusque-là, les heures rapides laissées aux délibérations populaires et déjà presque passées, sont tout entières aux compétitions, aux brigues, aux manifestes, aux discours, aux programmes de tout genre.

Le moment est aux candidats qui bataillent, aux chefs de partis qui donnent leurs mots d’ordre, aux orateurs en voyage de propagande. Qu’en sera-t-il au bout du compte de tout ce bruit, de ce mouvement qui a été précipité avec intention et qui reste jusqu’ici assez confus ? Dans quelle mesure la chambre qui va être élue différera-t-elle, par la composition, par l’esprit, de la chambre qui va disparaître après quatre années d’existence ? quelles seront les conséquences de cette manifestation nouvelle du suffrage universel pour la direction générale de la politique française, pour la situation parlementaire, pour les partis qui sont en présence ? Assurément, c’est un premier fait sensible : les élections du 21 août n’ont rien de ces grands mouvemens qui passionnent quelquefois l’opinion, qui partagent violemment une nation.