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LA
NOUVELLE SERBIE

I. Slaves du Sud ou le peuple serbe, par Iankovitch et Grouïtch ; Paris, 1880, Franck. II. Les Serbes de Hongrie ; Prague et Paris, 1873, Maisonneuve. — III. La Serbie, par Saint-René Taillandier ; Paris, 1872.

Le traité signé à Berlin, le 13 juillet 1878, pour le règlement définitif de la question d’Orient, a été l’occasion de critiques injustes. On eût sans doute voulu que les représentans des grandes puissances chargés de le rédiger eussent d’emblée contenté des nationalités divisées depuis des siècles par des rivalités de race et des dissidences religieuses. C’était assurément trop exiger de l’habileté diplomatique et, à coup sûr, trop attendre de la sagesse humaine. Bon ou mauvais, provisoire ou définitif, il faut cependant reconnaître que ce traité tant décrié a prévenu la plus affreuse conflagration qui ait jamais menacé l’Europe. N’est-ce donc rien ? N’est-ce pas un fait considérable ?

On a prétendu encore que de& bords de la Save aux rivages de la Mer-Noire, du Danube à l’Adriatique, des monts Balkans à l’Olympe, les peuples s’agitaient et se disposaient à s’entre-égorger malgré la volonté bien arrêtée de l’Europe de les en empêcher. Rien n’est moins exact, car, après quelques velléités menaçantes de résistance, on a vu les principautés dépossédées ou peu satisfaites définitivement se résigner. La Turquie, puissante encore parle fanatisme de ses sujets, la Turquie, la plus dépouillée dans cette affaire, s’est, de son côté, complètement soumise, sachant bien qu’elle n’était plus supportée, selon les propres expressions de la Russie et de l’Angleterre, que par la plus regrettable des nécessités.