Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 49.djvu/434

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cet immense édifice, implorent à chaque instant l’assistance des gardiens pour se diriger à travers les interminables galeries où les objets égyptiens succèdent aux peintures françaises et les dessins aux tabatières ou aux faïences de toutes les époques, avec des interruptions, des impasses, des paliers aux issues multiples et des escaliers mystérieux s’ouvrant dans toutes les directions, sans qu’il soit, en vérité, bien facile pour un étranger de s’orienter dans un pareil dédale ni surtout d’en sortir.

Outre le guide qui comprend l’ensemble des collections des musées de Berlin et qui montre le lien qui les rattache les unes aux autres, il existe pour chacune d’elles des catalogues spéciaux généralement bien faits, tenus au courant, pas trop compacts et peu coûteux. La direction veille également à ce que les objets nouvellement entrés dans les musées par des achats ou par des dons soient aussitôt exposés, et si leur importance le mérite, des notices spéciales accompagnent ces exhibitions et en font ressortir l’intérêt. Certaines parties des collections ont aussi été l’objet de publications luxueuses, exécutées à grands frais, mais qui n’ont pas cependant le cachet d’élégance et de goût que portent chez nous les ouvrages de ce genre. Le public, d’ailleurs, trouve dans le musée même les ressources d’étude les plus abondantes, grâce à une bibliothèque dont il obtient facilement l’accès et qui est exclusivement composée de publications relatives aux arts. Enfin les conservateurs ont chacun, dans le local de la section qui est de leur ressort, leur cabinet respectif où, tous les jours, pendant un temps déterminé, ils doivent se tenir à la disposition du public. Les ennuis que leur cause parfois cette obligation attachée à leur charge ne sont pas toujours sans compensation, il peut y avoir profit pour eux-mêmes à échanger ainsi des idées, à discuter certaines questions, à recueillir des indications nouvelles et à nouer des relations avec les voyageurs que le hasard ou l’étude amène auprès d’eux. Nous avons senti, pour notre part, dans nos rapports avec l’administration des musées de Berlin, que c’était là un milieu vivant, actif, où chacun se tient au courant des études spéciales qui le concernent, et les éclaircissemens nombreux que nous avons pu recueillir de l’obligeance des directeurs nous ont montré leur instruction, la sûreté et l’étendue de leurs informations. Non-seulement ils ont visité les principaux musées de l’Europe, mais ils connaissent en tout pays les collections privées qui ont quelque importance; ils savent les dispositions des propriétaires et leur situation. Toujours en éveil, renseignés par des agens nombreux, prêts à conclure dès qu’une occasion se présente, les ressources dont ils disposent, leur décision, le secret et la promptitude de leurs démarches font d’eux de redoutables concurrens dans les compétitions artistiques où ils peuvent être engagés avec