Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/183

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I. — Lettres de Catherine de Médicis, publiées par M. le comte Hector de la Ferrière, t. I, 1880. — II. — La Jeunesse de Catherine de Médicis, par M. de Reumont, ouvrage traduit, annoté et augmenté par M. Armand Baschet, 1876.


Catherine de Médicis restera peut-être toujours une énigme. Elle est une énigme comme femme, une énigme comme catholique, une énigme comme Italienne. On a beau l’étudier, on ne peut arriver à la bien comprendre : les historiens construisent tous une Catherine de Médicis qui serve leurs haines, leurs passions, leurs préférences. En France, d’ailleurs, l’opinion populaire a toujours aimé à charger les étrangers et les étrangères, à les accabler de ses rigueurs, à les rendre responsables de tous les malheurs. Il y a sans doute encore des personnes qui voient dans la reine Marie-Antoinette la cause principale de la révolution française ; il y a nombre de gens qui croient que Catherine de Médicis a déchaîné sur la France tous les maux de la guerre civile, au lieu qu’elle a cherché sans cesse à mettre la paix entre les catholiques et les protestans. D’autres, par crainte de tomber dans l’erreur populaire, vont au-delà de la vérité et se donnent un grand mal pour chercher dans la fille des Médicis, transportée en France, une bonne Française, uniquement animée de ce que l’on ne peut pas encore nommer l’amour de la patrie, mais de ce que l’on peut déjà appeler l’amour de l’état. La vérité n’est pas aussi