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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 avril.

Maintenant que les législateurs de la France ont pris un mois de repos et qu’on est au bout de ces vacances de printemps, tout va recommencer, tout va s’animer de nouveau au Palais-Bourbon comme au Luxembourg. On ne peut pas dire que la politique va refleurir, puisqu’elle est assez maussade, assez malingre et qu’elle se compose de toute sorte de motions, de propositions, de lois et de fragmens de lois qui n’ont vraiment rien de printanier.

Notre parlement, qui n’est pas un bouquet de fleurs, va retrouver demain devant lui tout ce qu’il a ébauché, tout ce qu’il a laissé à faire. Il s’est ménagé du travail et même des distractions, s’il le veut, rien qu’à la lecture des innombrables petits papiers qu’une commission passe gravement son temps à étiqueter pour le plaisir de ceux qui aiment les palimpsestes électoraux. Il trouvera la réforme de la magistrature qu’il a entreprise et dont il est bien embarrassé, cette réforme qui n’a de prix pour les grands politiques du progrès que si elle chasse la plus visible garantie d’indépendance, l’inamovibilité, de l’administration de la justice. Il trouvera un projet que lui prépare le gouvernement sur la réorganisation du canton dans l’ensemble des institutions locales. Il trouvera le budget, et tout ce qui se rattache de près ou de loin au budget. Il aura aussi le choix des interpellations sur les choses utiles et sur les choses inutiles, sur la politique intérieure ou sur la politique extérieure, sur Tunis ou sur l’Égypte, — tout cela sans compter l’imprévu. Les occasions de bien faire ou de perdre du temps en excitations vaines, en œuvres stériles ne manqueront sûrement pas à ce parlement qui va se réunir demain. Par cette multitude de propositions qu’il a si facilement accueillies, qu’il a complaisamment envoyées à des commissions et qui lui reviendront un jour ou l’autre, il s’est préparé bien des pièges, bien des mécomptes ou bien des