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I

On nous permettra de rappeler la conclusion qui terminait notre première étude [1]. Si l’accroissement de la France est moindre que celui des autres nations, ce n’est pas parce que l’émigration est trop forte, ou la mortalité excessive, ou les mariages en trop petit nombre. C’est uniquement parce qu’il y a moins de naissances en France que dans les autres pays de l’Europe.

Tel est le fait brutal, incontestable, incontesté, qui se dégage des chiffres authentiques. Mais il ne suffit pas d’indiquer un fait : il faut chercher dans quelles conditions il se produit.

C’est pourquoi nous nous trouvons, dès l’abord, amenés à étudier les questions suivantes. La natalité de la France est-elle la même dans les villes et les campagnes ? Est-elle la même dans les divers départemens, ou plutôt car les départemens n’ont qu’une unité factice), dans les diverses provinces de la France ?

Prenons les chiffres d’une période de cinquante ans, c’est-à-dire faisons la somme des décès pendant cinquante ans et des naissances pendant cinquante ans, pour chaque département, et voyons s’il y a finalement un excédent des décès ou des naissances. Il est certain

  1. Voyez la Revue du 15 avril.