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II. LES ŒUVRES. [1]


La biographie de Nodier se termine, à proprement parler, avec la seconde restauration. A partir de cette époque, sa vie se fixe, s’assagit, et la littérature prend enfin chez lui la place que la politique lui avait si longtemps et si follement disputée. N’êtes-vous pas frappé, en effet, de la longue stérilité de Nodier et de l’extrême lenteur avec laquelle s’est développé un talent qui, à l’origine, semblait armé pour marcher rapidement à la conquête de la célébrité ? Qu’avait-il produit depuis l’époque déjà lointaine de ses débuts ? Quelques écrits d’érudition curieuse, son Dictionnaire des onomatopées, son ingénieux opuscule sur les Questions de littérature légale, mais aucune œuvre d’imagination de quelque ampleur. Après les romans werthériens de sa première jeunesse, sa veine s’était arrêtée court, comme si le régime napoléonien avait eu le cruel pouvoir non-seulement de gêner sa pensée politique, mais d’empêcher le développer ment de sa vie d’imagination. La restauration eut le don de rouvrir la source, qui dès lors s’épancha en toute abondance, en sorte qu’on

  1. Voyez la Revue du 1er juin.