Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/939

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Il y a des réceptions académiques de toute sorte et pour tous les goûts. Les unes sont proprement ce qui s’appelle des cérémonies : l’assistance y est grave, recueillie, solennelle ; on y enterre sous des phrases convenues un mort qu’il ne semble pas qu’aucun vivant remplace. Les autres sont déjà des fêtes : on y échange des propos courtois, bien qu’aigres-doux, pour finir par se réconcilier dans une pitié commune des mortels qui ne sont pas de l’Académie française. Et j’en sais aussi qui sont véritablement des régals, quand par exemple deux hommes d’esprit, heureux de ne sentir aucun point de division ou de discorde entre eux, conversent avec une liberté familière de ce qu’ils aiment, de ce qu’ils n’aiment pas, et nous vengent en un jour de presque autant de sottises qu’ils effleurent de sujets. En aurons-nous le démenti si nous disons que telle a été la séance où M. Ernest Renan a reçu M. Victor Cherbuliez ?

Un mois auparavant, le 27 avril, M. Renan, recevant M. Pasteur, avait prononcé un discours dont on a fait tant d’éloges que nous serions aujourd’hui presque tenté sinon d’y mêler un peu de critique, tout au moins d’y mettre une sourdine, et nous croyons que M. Renan ne nous en saurait pas, peut-être, si mauvais gré. Mais il nous suffira de