Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 74.djvu/907

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Une question économique échappe à la lumière le jour où elle se débat sur le terrain des intérêts électoraux : la discussion, qui devrait l’éclairer, l’obscurcit. Celle de la consommation de la viande et de l’élevage du bétail a subi ce sort funeste. La solution provisoire qu’elle a reçue dans les chambres à la veille des élections, simple cadeau de baptême fait à la république des paysans, ne saurait avoir de prétentions scientifiques.

Sans entrer en campagne contre l’erreur de la raison d’état, sans discuter si les souffrances de l’agriculture n’ont pas été aggravées par les lois successives de protection, on voudrait pénétrer dans les pays d’élevage, dont la concurrence dès longtemps annoncée inquiète notre agriculture, entreprendre une excursion au milieu des troupeaux légendaires des plaines exotiques, surprendre l’éleveur dans ses grands déserts fertiles, montrer ce que sont les réserves des grands pâturages, ce qu’est l’avenir de leur production. Après avoir recueilli, chemin faisant, ample moisson d’observations, on laissera le lecteur conclure. Agriculteur, peut-être reconnaitra-t-il que l’éleveur français n’a rien à redouter encore de l’éleveur exotique ; consommateur, peut-être perdra-t-il l’espoir de voir s’ouvrir