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VI. LA VIOLATION DE LA CONVENTION DE SEPTEMBRE. — LA POLITIQUE DE M. RATTAZZI. [1]


I. — LE CONGRÈS DE LA PAIX A GENEVE.

Le 7 septembre 1867, Garibaldi faisait une entrée triomphale à Genève dans une voiture attelée de quatre chevaux, sous une pluie de fleurs, acclamé par la foule. Il venait assister au congrès de la paix. Pour s’emparer de l’imagination des peuples, il n’est pas nécessaire d’être un grand capitaine, ni un homme de génie. On est certain de ne pas manquer son effet lorsqu’on sait mettre au service d’une idée populaire l’art de la mise en scène. Garibaldi savait se draper ; son éloquence, son geste théâtral, son étrange costume autant que sa vie d’aventures en faisaient un vrai chef de tribu. En arrivant à Genève, il portait une chemise rouge, et par-dessus, un manteau rayé noir et gris ; dans sa main osseuse il tenait une grosse canne dont l’appui recourbé rappelait les bâtons des patriarches bibliques. C’était plus qu’il ne fallait pour attirer les regards et frapper les esprits. Il représentait d’ailleurs une cause

  1. Voyez la Revue des 1er et 15 janvier, 1er février, 15 mars et 15 avril.